9C’était la nuit. Véronique courait, ta-pa-tac, ta-pa-tac, sur le trottoir mouillé. Elle fuyait, à bout de souffle, aussi vite qu’elle pouvait. Ses bottes frappaient le macadam en désordre comme si elle ne contrôlait plus sa course. À chaque foulée, l’onde de choc ébranlait ses genoux, aggravait la houle de ses seins et faisait s’entrechoquer ses dents. Enfin, elle aperçut la maison. En même temps, elle vit progresser en face d’elle une armée de casques de CRS qui brillaient sous la lune. Ils fonçaient vers le pavillon. Il fallait qu’elle y soit avant eux. Véronique soufflait, râlait, la poitrine en feu. Quatre cents mètres, deux cents mètres, cinquante mètres. Elle y était. Elle poussa la porte et ferma derrière elle à double tour. La jeune fille se lança dans l’étroit couloir, grimpa


