Chapitre 12 Le brigadier-chef Gertrude Quintrec était ce qu’il est convenu d’appeler « une belle plante ». Un bon mètre quatre-vingt sous la toise, autant de kilos que de centimètres au-dessus du mètre, elle portait bien l’uniforme encore que le blouson réglementaire parût un peu étroit pour contenir une poitrine triomphante. Son ascendance irlandaise lui avait valu de jouer plus souvent au rugby qu’à la poupée avec ses quatre frères et elle avait été lanceuse de poids et de disque au niveau international. D’abord engagée dans la gendarmerie, c’est le lieutenant Fortin qui l’avait détournée de sa vocation première en la faisant entrer dans la police nationale. Par la suite, ravi d’avoir une élève aussi douée, il lui avait enseigné tous les bons - et quelques mauvais - coups en matière


