Madame Honesta, la Présidente et l’AméricaineJe me fais présenter chez Madame Honesta (famille presque éteinte). Tout y respire la pudeur et l’honnêteté ; tout prêche l’abstinence, jusqu’à son visage, dont la tournure, quoique assez piquante, n’a cependant aucun de ces détails qui inspirent la tendresse. Mais elle a des yeux, de la physionomie, une taille qui serait trop maigre, si toute l’habitude du corps ne s’y proportionnait pas. Je ne louerai pas sa gorge, quoiqu’une gaze qui s’est dérangée m’ait permis d’entrevoir du lointain ; ses bras sont un peu longs, mais ils sont flexibles, on pourrait souhaiter une jambe plus régulière ; telle qu’elle est, un joli pied la termine. Nous avons les grands airs, des nerfs, des migraines , un mari que l’on ne voit qu’à table, des gens discrets, de


