— Mon Dieu, reprit Bianca, vous regrettez donc votre mari à présent ? Vous n’aimez donc pas ce pauvre M. Francis ? — Je ne peux pas regretter mon mari, dont je n’ai plus l’amour, et j’aime Francis de toute mon âme, c’est-à-dire de tout ce qui m’est resté de ma pauvre âme !… Mais, vois-tu, Bianca, toi qui es femme, tu dois bien comprendre cela : on n’aime réellement qu’une fois ! Tout ce qu’on rêve ensuite, c’est l’équivalent d’un passé qui ne revient jamais. On dit, on croit qu’on aime davantage, on voudrait tant se le persuader ! On ne ment pas, mais on sent que le cœur contredit la volonté. Ah ! si tu avais connu Valvèdre quand il m’aimait ! Quelle vérité, quelle grandeur, quel génie dans l’amour ! Mais tu n’aurais pas compris, pauvre petite, puisque je n’ai pas compris moi-même ! Tout


