IIIDès le matin, avant le jour, un frémissement avait agité les corons, ce frémissement qui s’enflait à cette heure par les chemins, dans la campagne entière. Mais le départ convenu n’avait pu avoir lieu, une nouvelle se répandait, des dragons et des gendarmes battaient la plaine. On racontait qu’ils étaient arrivés de Douai pendant la nuit, on accusait Rasseneur d’avoir vendu les camarades, en prévenant M. Hennebeau ; même une herscheuse jurait qu’elle avait vu passer le domestique, qui portait la dépêche au télégraphe. Les mineurs serraient les poings, guettaient les soldats, derrière leurs persiennes, à la clarté pâle du petit jour. Vers sept heures et demie, comme le soleil se levait, un autre bruit circula, rassurant les impatients. C’était une fausse alerte, une simple promenade mil


