Nous voilà tous les deux attablés à la terrasse d'un café et je me permet de prendre le temps d'observer l'homme qui me fait face.
Théo Fanzolini est une vraie énigme pour moi.
Une véritable énigme...
Ce mec ne me connaît pas, mais il s'est tout de même permis de venir frapper chez moi parce qu'il voulait me revoir.
En temps normal, je n'aurais jamais apprécié ce culot, mais lui là je sais pas, il m'intrigue.
Par contre, je n'ose pas imaginer ce qu'il se serait passé si Louise avait été là.
La connaissant comme je la connais, elle l'aurait sans aucun doute dévisager de la tête aux pieds comme elle sait si bien le faire et lui aurait poser tout un tas de questions très délicates et gênantes dont elle seule a le secret.
Bien entendu, je souris en songeant à ma fille et il le remarque
Théo : " Que me vaux ce magnifique sourire ma belle Abby ?"
Abby : " Je pensais juste à quelques trucs et mon prénom c'est juste Abby tu sais."
Théo : " Je sais, mais je préfère ma belle Abby, parce que pour moi tu l'es."
Me répond t-il en penchant légèrement la tête sur le côté.
Je sens une vague de chaleur envahir mes joues.
Bon, je pense que c'est dû à la chaleur particulièrement exceptionnelle de ce début d'après-midi et non pas à cause de l'homme qui me fait face actuellement.
Je le dévisage suspicieuce
Abby : " Hum...hum...
Bon et sinon Fanzolini qu'est ce que tu attends de moi ?
Tu me pourchasses quasiment depuis hier soir j'en déduis que tu veux quelque chose de ma part ?"
Théo : " Oh si tu savais...
J'attend énormément de toi, mais en premier lieu, si je veux être honnête, je te veux dans mon lit."
À ces mots, je sens la colère monter en flèche.
Je m'apprête déjà à me lever et à laisser là cet enfoiré, mais pas sans lui avoir dit le fond de ma pensée avant
Abby : " Va te faire voir Fanzolini !!!
Je suis une danseuse pas une prostituée, connard !!!"
Il lève ces deux mains devant lui avec un sourire contrit
Théo : " Non, non, non c'est pas c'que je voulais dire.
Je me suis mal exprimé, je suis désolé.
Je voulais juste dire que j'ai envie de toi depuis que je t'ai rencontré dans ce bar mais j'attendrais que toi aussi tu en es envie."
Ce type est vraiment trop bizarre pour moi, toutefois, je décide de m'adoucir quelque peu
Abby : " Okay...
Mais ce n'est pas prêt d'arriver, je t'avertis déjà."
Théo : " On verra bien, je sais me montrer patient quand ça en vaut vraiment la peine.
Et sinon, parle moi unpeu de toi."
Je lui fais un geste vague de la main
Abby : " Oh tu sais il n'y a pas grand chose à dire sur moi."
Théo : " Je n'y crois pas une seule seconde."
Abby : " Et pourtant..."
Théo : " Comment en es tu arrivé à faire ce métier ?"
Alors là, je ne sais pas vraiment quoi lui répondre sans toutefois trop lui en dire.
Je me suis retrouvée enceinte et abandonné par le géniteur de mon bébé du jour au lendemain.
J'ai rapidement dû trouver un travail pour subvenir aux besoins de mon futur enfant à naitre.
J'ai trouver cette annonce qui rechercher une serveuse sans avoir besoin de qualification particulière.
Je pense grâce à mon physique, le patron m'a directement embaucher.
Il m'a demandé si par la suite je serais intéressé après mon accouchement pour cumuler mon premier emploi avec un deuxième boulot.
Au début, je n'étais pas vraiment emballer par l'idée surtout que question danse j'avais plutôt deux pieds gauche.
Mais le patron m'a facilement mise à l'aise et m'a assuré qu'avec mon physique je pourrais faire ce que je voulais et que j'étais d'un naturel très sexy.
Je me suis dit pourquoi pas ?
Et tout naturellement, je me suis lancée après la naissance de Louise et bizarrement ça m'a plu
Abby : " Il fallait bien payer les factures."
Théo : " Tu ne me facilites pas la tâche dis moi."
Abby : " Et toi ?
Fils de mafieux, reprendre la succession de ton père était ta vocation première ?"
Il se recule sur sa chaise et me lance un petit sourire
Théo : " Dis moi, je vois que tu t'es renseigné sur moi.
J'apprécie l'effort."
Et voilà, la prochaine fois ferme ta bouche Abby.
Il va encore s'imaginer je ne sais quoi.
Je m'empresse de rétablir la vérité
Abby : " Pas du tout, ne va pas t'imaginer n'importe quoi surtout.
Ce sont juste mes collègues qui m'ont informés de qui tu étais hier après ton départ.
Je ne me suis pas particulièrement renseigné en vérité.
Les informations sont venues d'elles mêmes à mes oreilles."
Il sourit toujours en me dévisageant.
Qu'est ce que son sourire peut être sexy
Théo : " Je vois..."
Je ne sais pas pourquoi mais le regard qu'il pose sur moi me monte vraiment le rouge aux joues
Théo : " Tu sais que tu es vraiment mignonne quand tu rougis."
Le truc à ne pas dire, c'est encore pire
Abby : " Cesse tes flatteries Fanzolini et répond à ma question."
Si il n'arrête pas de me fixer comme ça je sens que je vais me liquéfier sur ma chaise, ou faire un arrêt, au choix
Théo : " Non ce n'était pas ma vocation première.
Ce n'est aucunement ma vocation d'ailleurs.
Mais étant le seul héritier d'un grand mafieux on ne m'a pas demander mon avis.
On m'a juste mis les armes à la main et voilà."
Je sens énormément de regrets dans sa voix en l'écoutant me parler.
Je commence à tendre ma main pour toucher la sienne et ainsi le réconforter, puis je me ravise.
Je ne voudrais pas qu'il s'imagine que mon geste anodin est autre chose qu'un geste de réconfort envers lui.
Mais encore une fois, il le voit.
Il voit tout ce mec, c'est fou ça.
Il attrape donc ma main et commence à la caresser doucement avec son pouce
Abby : " Tu n'es pas heureux ?"
Théo : " Dans mon métier tu veux dire ?
Non pas vraiment.
Mais dans ma vie personnelle, c'est autre chose.
Je le suis depuis que je t'ai rencontrée."
Je ris de bon coeur ce qui détend instantanément l'atmosphère
Abby : " Alors là celle la je ne l'ai pas vu venir du tout.
Tu es peut-être un beau parleur très sexy Fanzolini, mais tu n'en restes pas moins un homme dangereux."
Lui dis je en lui faisant un clin d'œil
Théo se met une main sur le coeur en souriant
Théo : " Tu as dis que j'étais un homme très sexy, le reste je ne l'ai pas écouté.
Sache que je te retourne le compliment ma belle Abby."
Et le pire dans tout ça, c'est qu'il est content de lui en disant ça en plus.
Il se racle la gorge avant de poursuivre
Théo : " Et quand vas tu te décider à me parler de ta fille ?"
Alors là j'ouvre carrément de grands yeux, mais en même temps pourquoi ça ne m'étonne pas qu'il sache déjà pour ma fille
Abby : " Ma fille ??
Mais comment sais tu que j'ai une fille ?"
Théo : " De la même façon que j'ai su ton adresse.
Et puis, je te l'ai déjà dis, j'aime me renseigner sur ce que je convoite."
Oui mais, parler de ma fille, c'est parler de ma vie privée, et ça c'est du concret, je ne sais pas si j'y suis prête à ce stade, malgré tout je me lance, je ne sais pas pourquoi mais il m'inspire confiance
Abby : " Ma fille aura six ans dans trois mois.
C'est un vrai petit ange, malgré quelques rares moments ou elle devient un petit démon.
Je l'élève seule, enfin pas totalement ma mère m'aide beaucoup."
Théo : " Comment est ce qu'elle s'appelle ?"
Abby : " Je pense que tu le sais déjà, non ?"
Théo : " Détrompe toi, j'ai sauté cette information pour l'apprendre directement de ta bouche.."
Abby : " Elle s'appelle Louise.
C'est mon portrait craché, aussi bien caractère que physique."
Théo : " Et euh, où est le père ?"
Abby : " Je ne sais pas, et je ne veux pas le savoir.
Il a disparu dès que je lui ai annoncé que j'étais tombé enceinte.
Et je ne l'ai jamais revu depuis, ce qui n'est pas plus mal au fond.
Un jour, peut-être, je trouverais un super papa pour Louise mais je t'avoue que ce n'est pas dans mes priorités actuelles.
Il faudrait déjà que je trouve quelqu'un qui accepte et mon boulot et ma fille c'est un package."
Mais stop Abby bon dieu !
Pourquoi tu lui dis tout ça ?!
T'es folle ou quoi ?!
Je dois reconnaître qu'il est doué pour mettre les gens à l'aise et obtenir des informations personnelles.
Il reprend très sérieusement, en me regardant fixement
Théo : " Sache que moi, j'accepte de bon cœur de devenir le père de ta fille mais je n'accepte pas ton boulot."
Il me fait recracher la gorgée que je venais juste de prendre, l'obligeant à lâcher ma main qu'il tenait toujours depuis tout à l'heure
Abby : " Pardon ?"
Il se rapproche de moi en s'accoudant sur la table cette fois
Théo : " J'ai dis, ma belle Abby, que j'accepte ta fille, je serais même ravi de la connaître, mais ton boulot se sera impossible pour moi."
Abby : " Donc tu vois, c'est une histoire impossible, car comme je l'ai dis mon boulot et ma fille c'est un package.
Et de toute façon, je ne t'ai rien demandé Fanzolini."
Que je veuilles l'admettre ou non je suis quand même troublée par ce qu'il me dit, et ça m'inquiètes.
Je n'aime pas ça du tout
Théo : " Tu ne me demandes pas pourquoi ?"
Abby : " Pourquoi quoi ?"
Théo : " Et bien, pourquoi je n'accepte pas ton boulot ?"
Je me renfrogne en croisant les bras devant moi
Abby : " Ça ne m'intéresse pas tu sais."
Théo : " Et bien, même si ça ne t'intéresses pas, ce que j'en doutes, je vais te le dire quand même.
Je me sens inexorablement attiré par toi.
Et je suis d'un naturel plutôt jaloux.
Donc, je ne supporterais pas de voir tous ces hommes posaient leurs vieux regards lubrique sur ce qui m'appartient et fantasmer sur ton corps.
Et imaginer tout ce qu'ils aimeraient te faire me donne la nausée !
Je m'y refuse !"
Abby : " Heureusement qu'on a pas à s'inquièter pour ça alors et qu'on ne sortira jamais ensemble toi et moi."
Théo : " Oh ne crois pas ça ma belle Abby
Je compte bien t'inviter à nouveau à sortir avec moi, et plus si affinités...
Affinités qu'il y aura j'en suis sûr et certain et crois moi je ne me trompe jamais."
Abby : " Tu as l'air de croire vraiment à ce que tu racontes Fanzolini.
Unpeu trop même si tu veux mon avis."
Théo : " Pourquoi nier l'évidence ?
Je te veux et je t'aurais, c'est aussi simple que ça.
Certes, ça prendra peut être un peu de temps mais ça arrivera, j'en suis persuadé."
Abby : " Tu m'as l'air bien sûr de toi."
Théo : " En effet, je le suis ma belle Abby."
Il jette un œil sur sa montre avant de poursuivre
Théo : " Malheureusement, l'heure avance et je ne peux pas rester plus longtemps à discuter avec toi.
J'ai un dîner d'affaires prévu ce soir ou je dois obligatoirement me rendre.
Je vais donc devoir te laisser, pour l'instant.
Mais ne t'en fais pas ce n'est pas pour très longtemps.
On se reverra très bientôt."
Je regarde à mon tour, ma montre en effet, il est déjà 16 heures.
Si je ne veux pas être en retard, j'ai juste le temps de faire un saut chez moi, récupérer ma voiture et partir à l'école chercher Louise.
Je me lève déjà pour partir
Théo : " Quand est ton prochain congé ?"
Abby : " Jeudi."
Il se lève à son tour et se met face à moi
Théo : " Très bien nous nous verrons donc jeudi."
Abby : " Est ce que j'ai mon mot à dire ?"
Théo : " Pas un seul.
Je compterais les heures d'ici nos retrouvailles.
A jeudi ma belle Abby."
Il saisit ma main, dépose un léger b****r dessus, et s'éloigne...