Fils du cheval faé, Gaston COMPÈRE

737 Mots
Fils du cheval faé Gaston Compère Pour Emmanuèle Sandron Elle devinera pourquoi Et crins et cris Bayard à la renverse dans la nue électrique et les cinq fils du duc Aymon que dispersent l’ouragan gris le feu du Rhin à coups de triques à coups de trucs (la littérature purule dans la chanson) et de traques infinies – crins cris – infinies et la Meuse et la Muse ne peuvent rien contre la rage contre les crins contre les cris contre l’orage de la vie * Viens-t’en petit Français Plis déplis replis sur la frontière du côté de Bouillon une dernière fois plis de frais plis de biais le mieux qui puisse se faire et se défaire les deux Ardennes tête-bêche Viens on te fera naître à Beauraing (tête à l’envers ? tête à l’endroit ?) Viens comme tes frères avec un d (Renard Alard Guichard Richard) Thurard ton nom sera Thurard (tête à l’endroit ? tête à l’envers ?) À pleines mains les crins – ceux de la queue À pleine gueule les cris – ceux du jeu fou Tu es le n***e à l’œil bleu blanc à l’œil blanc bleu dont la cervelle étroite aime les cris l’écrou – les crins et les crincrins du luxe pouilleux et la luxure des chevauchées en plein ciel d’août sur le ventre des forêts * Où cours-tu jeune Thurard ? À Beauraing prier la Vierge rare pour l’Ardenne celle du dessous celle du dessus hin hin hin Où cours-tu Renard ? À Beauraing sous l’acacia d’argent et de tissu profus Alard ? Guichard ? Richard ? Tous à Beauraing à contre-vents où se tremper les pieds dans la mare aux catarrhes où se matelasser des omelettes au lard où se curer le nez et les pieds en fanfare Bayard où précipites-tu ton train Bayard ? Nulle part Nulle part et partout vieillard désassemblé partout où la source a libre le vagin loin loin de la mer ensablée grande avaleuse de chibres floconneux loin Mais où encore ? mais où ? où ? Loin de Beauraing la Famenne est sage comme une crêpe de sarrasin et raplateuplate la Famenne comme une femme anglaise *** Mais partout mais partout mais partout partout où se dérange le paysage où se proposent le saut de l’ange et le bond du séraphin Où l’on se perd on se retrouve J’ai cinq pattes cinq pattes rouges Une par province vive la joie ! cinq j’ai cinq pattes qui toupillent pattes de course et de tournoi patte de chasse pattes de guerre oriflammes olifants cinq cris et crinière et amour vache Liège Namur et les deux H Hainaut Demibrabant et Luxembourg enfin province hémiardennaise points d’avoine et point d’orgue de la neige et du soleil Oh morgue noire de ses forêts butoirs à crins et à cris dans la fournaise de l’Histoire * Je vais je vas je vons Je pétarade et me voilà malade presque en plein nuage Je tombe et zon ! je vais je vas je vons je trottine je crottine des pains entiers pour les oiseaux niais les petits qui battent la breloque coquine et le coq cinq fois coq le coq aux barbillons couillesques atteint d’apoplecticité ni coq amer ni coquemar le cauchemar des pète-sec le coq qui dans son rêve rengorgé lève comme il fut dit (ou presque) très haut lève un pilon hardi Et me revoici en quête libre fumant monté de brumes violettes et de mes cinq héros – violacés le N par fluide ardent tracé sur les deux testichoses les L de Pégase le virtuose aux crins de l’échine le W dans les cris conjugués de la gorge et de l’abîme le W comme deux racines le W entre les dents * Bayard Bayard ignorant les graisses et les laisses Bayard pour moi né des brumes de la Lesse * Chanson Tante Simone qu’est si douce doulciadu doulciadou douce comme du sucre de pomme disait ne s**e pas ton pouce écoute-moi petit homme doulciadonne Grande comme cinq mouchoirs de poche doulciadu doulciado la Wallonie qui t’est si proche Un bouquet de cinq résédas Ce haricot quand on l’écosse il en sort cinq petits soldats doulciada Mille fois on a cru pouvoir faire doulciadu doulciadère disparaître le cheval faé Chaque fois il s’est ramené sorti tout droit de la terre où poussent la salade de blé la doucette et la violette doulciadé * Bayard passe immobile immobile la Lesse passe nous seuls passons en fuite vive nous seuls vivons comme l’endive cornée et la crapaude épaisse nous seuls Le rêve mord au rêve Le cheval mêle les crins aux cris haut sur la Meuse fameuse hop La Meuse noie la Lesse et l’Océan la Meuse Dans l’ombre de la bête pentanthrope ô cœur noyé vivant laisse la Lesse aller où l’eau profonde est calme
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