VALENTINA
Nous sommes assis sur le canapé à regarder la télé lorsque mon téléphone sonne. Je l’attrape et regarde le correspondant, mon sang se glace en voyant le nom de Matteo.
— Qui est-ce ? demande Alessandro, son regard curieux.
Je lui montre l’écran de mon téléphone, et sa mâchoire se serre, la tension dans la pièce changeant instantanément.
— Tu n’es pas obligée de répondre, tu sais. Il doit appeler parce qu’il a dû apprendre pour notre mariage.
Je souffle un bon coup, essayant de garder mon calme, avant de décrocher en mettant le téléphone sur haut-parleur.
— Oui ?
— Ah Valentina. Comment tu vas ? J’ai appris que tu avais eu un accident, je me suis inquiété, je n’arrivais pas à te joindre.
La colère monte en moi, une vague de rage m’envahit. Comment ose-t-il me parler ainsi, alors que c’est lui qui a tenté de m’envoyer droit à la morgue ? Je suis prête à lui faire entendre ma vérité, mais Alessandro pose doucement sa main sur mon épaule. Je tourne la tête vers lui et il secoue la tête, m’ordonnant silencieusement de ne rien dire.
C’est vrai, pour le moment, nous n’avons aucune preuve que c’est bien Matteo derrière tout ça.
— Valentina ? Tu es là ? appelle Matteo, sa voix mielleuse semblant résonner dans ma tête.
— Oui. Hum. Ça va, merci, dis-je, essayant de garder un ton neutre.
— Je suis soulagé, j’ai cru que tu étais gravement blessée.
Tu aurais aimé, hein ? Sale c*n.
— Non, tout va bien, réponds-je, ma voix contrôlée mais marquée par l’ironie.
— Tu sais... je sais bien que nous nous sommes séparés en de mauvais termes. Mais je pense que l’on devrait passer l’éponge. Ne serait-ce que pour le bien de la famille.
Quel sale rat !
— Ah oui ?
— Oui, ricane-t-il, un éclat de satisfaction dans sa voix. Parce que si ce que j’ai appris est exact, tu es maintenant... ma belle-sœur.
Je jette un regard à Alessandro. Alors c’est bien pour ça qu’il téléphone.
— Oui, c’est exact, dis-je, me forçant à rester calme.
J’entends Matteo inspirer bruyamment, et je peux presque l’imaginer se débattre avec ses émotions.
— Oh. C’est surprenant... vu qu’il y a encore une semaine, on était ensemble.
Quel culot ! C’est lui qui m’a trompée et tenté de me tuer.
— Eh oui. Les choses changent, répliquai-je, un sourire amer se dessinant sur mes lèvres.
— Mais dis-moi ? Depuis quand vous êtes ensemble ?
Je regarde Alessandro, cherchant quoi répondre. Un mensonge me vient naturellement.
— En réalité, si je peux me permettre d’être tout à fait franche... j’ai toujours été amoureuse de ton frère. C’est juste que je ne pensais pas qu’il puisse s’intéresser à moi. Et puis, il est venu veiller sur moi après l’accident, et j’ai su que c’était lui l’homme de ma vie. Alors je l’ai épousé... pourquoi attendre quand on trouve l’âme sœur ?
J’entends un énorme fracas au bout du fil, et je suis persuadée que Matteo a dû décharger sa colère sur le premier meuble venu.
— Oh.
— Il me semble que les félicitations sont de mise pour toi aussi. J’ai appris ton mariage.
— Hum... oui.
— Est-ce que c’est avec elle ?
Je fais référence à la fille avec qui je l’ai surpris.
— Oui...
— Je te souhaite d’être heureux...
De crever dans d’atroces souffrances, c’est ce que j’aimerais pouvoir lui dire.
— Merci.
Je note qu’il ne me souhaite pas d’être heureuse, lui. Quel c*n.
— Bon, je te laisse, Alessandro m’attend pour aller au lit. Après tout, on est en pleine lune de miel.
— Valentina, dit-il sur un ton d’avertissement, comme s’il cherchait à me retenir.
— Bye, rétorquai-je d’une voix tranchante.
— Valen...
Je lui raccroche au nez, un mélange d’adrénaline et de satisfaction parcourant mon corps. Mon cœur bat la chamade, mais je sais que je viens de marquer un point. Je tourne la tête vers Alessandro, qui me regarde, ses yeux pleins de soutien et de compréhension.
— Tu as bien fait, murmure-t-il, un sourire complice aux lèvres.
Je lui rends son sourire, sachant que peu importe ce que Matteo pense ou fait, je suis en paix avec mes choix.
Je repose le téléphone sur la table, et un silence s’installe dans la pièce, chargé d’un mélange de tension et de soulagement. Alessandro me fixe, son regard scrutinant mes émotions, cherchant à lire ce qui se passe dans mon esprit.
— Tu es sûre que ça va ? me demande-t-il doucement, sa voix pleine de préoccupation.
Je hoche la tête, bien que je sente encore l’écho de la colère de la conversation avec Matteo résonner en moi.
— Ça va aller, dis-je, essayant de me convaincre moi-même. C’est juste... je ne pensais pas qu’il oserait appeler.
Alessandro s’approche et prend ma main dans la sienne, l’enveloppant dans un geste protecteur.
— Il ne pourra pas te blesser cette fois. Tu es avec moi maintenant.
Un sourire se dessine sur mes lèvres à ses mots réconfortants. Je recherche dans ses yeux cette promesse de sécurité, et je la trouve.
— Tu as raison, je réponds.
Nous restons là un moment, nos mains entrelacées, profitant de la chaleur l'un de l'autre. Mais mon esprit ne peut s’empêcher de vagabonder vers ce que Matteo a dit.
Nous restons assis un moment, profitant de la tranquillité. Mais, bientôt, un bruit de notification retentit dans la pièce. Je regarde mon téléphone, un message de Matteo apparaît sur l’écran. Mon cœur s’emballe à l’idée de ce qu’il pourrait dire.
— Qu’est-ce qu’il y a ? demande Alessandro, son ton s’assombrissant.
Je prends une profonde inspiration avant d’ouvrir le message, mon cœur battant la chamade.
— Je sais que tu es maintenant avec Alessandro, mais nous avons des choses à régler. Une conversation s’impose. Je veux que tu sois honnête avec moi.
Je sens une vague de colère monter en moi, mais je l’étouffe rapidement. Il ne manque pas de toupet ce type !
— Il ne lâche pas l’affaire, dis-je, ma voix tremblante d’indignation.
Alessandro se penche en avant, son regard déterminé.
— Tu sais ce que tu dois faire, n’est-ce pas ? Ne lui donne pas la satisfaction de te manipuler à nouveau.
Je hoche la tête, sentant la force de sa conviction me traverser.
— Tu as raison. Je vais lui répondre. Une fois pour toutes.
Je commence à taper mon message, chaque mot pesant d’importance.
— Matteo, je ne veux plus avoir de conversation avec toi. Ce que nous avions est terminé. Je suis avec Alessandro maintenant, et je compte bien avancer. Ne me contacte plus.
J’appuie sur envoyer, et un sentiment de soulagement m’envahit.
— C’est fait, murmurai-je, flottant dans une nouvelle détermination.
— Oui, c’est fait, dit-il, sourire aux lèvres.
— Ça ne l’empêchera pas de me contacter, ni de le voir, mais ça fait du bien, dis-je, un soupçon de soulagement dans ma voix.
— C’est vrai. Je suis navré que mon frère soit un tel c*****d, dit Alessandro, son ton à la fois sérieux et empreint d’une petite touche d’humour.
Je rigole, et un sentiment de légèreté m’envahit. Rire à propos de Matteo, même dans une situation aussi difficile, me fait du bien.
— Tu n’es pas responsable de ses actes, réponds-je, un sourire éclatant sur le visage. Mais je dois admettre que ton commentaire m’a beaucoup amusée.
Alessandro sourit, heureux de me voir retrouver un peu de légèreté.