Chapitre 5 Marlon

2317 Mots
Je me sens enfin beaucoup plus détendu, l’alcool et la légèreté de la soirée aidant. Je n’étais pas du tout au courant pour l’histoire du cheval, mais j’en n’ai pas grand-chose à faire. Isis fait bien ce qu’elle veut, elle en a les moyens. J’ai surtout hâte qu’on se retrouve un peu seuls tous les deux. Elle a été accaparée toute la soirée. Gabriel m’a fait un sermon sur mon comportement. J’ai pu lui toucher un mot ou deux concernant ce que je pensais du discours de ma femme et son point de vue m’a permis de me tranquilliser. - Tu as l’intention de passer ta nuit de noces à l’infirmerie ? s’insurge Léa en m’arrachant mon verre des mains. - Quoi ?! Je vais bien ! - Tu as subi une lourde opération il n’y a pas quatre mois ! Et tu es complètement ivre ! - Je ne suis pas bourré ! - Bien trop joyeux à mon goût. Tu n’es pas venu passer tes examens hier ! - J’étais occupé ! protesté-je. - Foutus soldats à la noix ! Pourquoi vous n’écoutez qu’à l’article de la mort ?! Preston est le seul à se montrer raisonnable ! - On se demande bien pourquoi…, cinglé-je en tentant de me débarrasser d’elle. - Parce que je suis médecin et que je sais comment vous garder en bonne santé ! Si vous daignez suivre mes recommandations ! - Tu n’as pas quelqu’un d’autre à engueuler ? Où est Adena d’ailleurs ? Elle a passé presque toute la journée debout ! Pourquoi tu ne vas pas l’emmerder celle-là ?! - Elles sont allées à votre appartement. - Pourquoi faire ?! - Leur truc de filles ! Qu’est-ce que j’en sais moi ?! Vous partez demain, vous devriez rentrer maintenant, tu n’es pas encore à cent pour cent. - Tu me fais vraiment chier le jour de mon mariage ?! - Oui ! - T’es casse-couilles Léa ! - Je sais. - On sait très bien ce qu’il se passe après la soirée et tu dois te ménager Marlon ! - Ouais, ouais… Je l’abandonne pour retrouver ma femme, en pleine discussion avec Andréa et James. - Il est temps de rentrer ma douce, il semblerait qu’on doive partir demain et la sergente m’envoie au lit. - Oh ! Je vois… - Passez une bonne nuit les amoureux ! raille James, toujours aussi goguenard. - T’inquiète pas pour ça, va ! - L’avion décolle à midi demain, soyez à l’heure ! Nous saluons l’assemblée encore présente, puis nous nous dirigeons sur le chemin menant au hangar. - J’ai tellement mal aux pieds à force d’avoir piaffé toute la journée, grommelle Isis en soulevant sa robe pour éviter qu’elle ne traîne dans la poussière. - Viens par là. Je me penche et la prends entre mes bras. - Merci, répond-elle avec gratitude en s’accrochant à mon cou. - La tradition veut que le mari porte son épouse pour passer le seuil de la maison. - Je sais, je me suis renseignée sur les traditions au cours des derniers mois. - On n’a pas tellement discuté ces derniers mois, on s’est surtout crier dessus. - Est-ce que tu as encore envie de crier ? - Non ma perle… Je pense à d’autres choses pour l’instant. Les portes coulissantes sont entrebâillées, je les fais glisser d’un coup d’épaules pour nous permettre d’entrer dans le hall du gigantesque hangar que je traverse à grandes enjambées. - En revanche, je ne vais pas te porter dans l’escalier, on va éviter la cata si tu veux bien. Je la repose, elle enlève ses escarpins, je l’aide à tenir ses jupons pour monter en toute sécurité. Nous atteignons la mezzanine sans encombre, puis arrivons à son bureau. J’ouvre la porte de l’appartement, qui à ma grande surprise, est fleuri de roses rouges et de lumières tamisées. J’entends des gloussements féminins charmants tandis qu’Isis s’ébahit de l’ambiance en entrant à ma suite. - Mais qu’est-ce que vous foutez toutes les deux ?! m’écrié-je en découvrant Adena et Serena sur notre canapé, occupées à se tripoter. - Oh ! Vous êtes déjà là ! s’exclame Adena qui se lève d’un bond en ajustant sa robe sur son ventre déjà proéminent. - Bah oui ! Vous ne pouvez pas vous retenir cinq minutes, sérieux ?! - Calme-toi Marlon, cingle Serena avec mauvaise humeur, on était simplement venues installer les fleurs et les bougies. - Le bébé s’est mis à faire des bonds dans tous les sens ! poursuit Adena. - Il s’est retourné. On va faire une écho demain. - Super ! Merci beaucoup ! Vous pouvez dégager maintenant et aller faire vos saloperies dans vos quarante chambres du ranch ? - Même quand on essaie d’être sympa, t’es un vrai connard. - Moi aussi je t’adore Serena ! Bonne soirée ! Isis à l’air confuse, mais ne dit rien lorsqu’elles passent devant nous avant que je ne claque la porte sur elles. - Non mais je rêve ! Intenables ces deux-là ! - Elles s’aiment. - Oui, bah elles peuvent s’aimer partout ailleurs… Pourquoi c’est toujours dans mes pattes qu’Adena fait ses trucs ?! - Parce que tu es son meilleur ami et qu’elle a confiance en toi ? - Ouais, ouais… Je soupire un grand coup en enlevant ma veste puis je me dirige vers la salle de bain pour me débarrasser de tout ça, enfin ! Isis me suit, mais ne pipe plus mot, je l’observe enlever les perles qu’elle portait aux oreilles, et détacher la fine chaîne du pendentif que je lui ai offert pour Noël. - Tu es heureuse ? demandé-je en croisant son regard dans le miroir. - Oui, plus que tu ne le sembles. - C’était pas si terrible finalement… rien ne change vraiment. Mais… - Mais quoi ? - On ne va pas encore se disputer ma perle, surtout pas ce soir. C’est notre nuit de noces. - Qu’est-ce que tu veux me dire ? insiste-t-elle en fronçant ses petits sourcils parfaits. Je marche un peu sur des œufs. Je sais comme toutes ces femmes peuvent être manipulatrices, calculatrices et perverses. Je préfère me débarrasser de cette question dès maintenant pour ne me concentrer que sur le meilleur. - J’ai seulement besoin de savoir ce que tu prévois maintenant. J’ai fait ce que tu voulais… et ça m’a coûté. Ce n’était pas parce que je ne voulais pas de toi. On en a parlé mille fois. Je voulais tellement que tu sois libre. Alors… - Alors quoi ? s’agace-t-elle en enlevant ses pinces pour détacher ses cheveux. - Tu veux faire un bébé ? - Quoi ?! répond-elle totalement sidérée, figée. Pourquoi est-ce que tu me demandes ça ?! - Parce que tu me fais vivre un enfer depuis des mois, que je ne décide plus grand-chose dans notre relation et que j’ai besoin de savoir si tu comptes me jouer ce tour là aussi. - Bien sûr que non ! J’ai trop de travail ! Je pousse un énorme soupir de soulagement que je ne peux absolument pas contrôler. - Tu pensais vraiment que j’allais te demander ça ?! - C’est la suite logique du mariage, Adena m’en a parlé tout à l’heure et vu comment elle m’avait travaillé au corps avec notre union. J’ai commencé à m’imaginer des trucs… - Pas du tout ! Pas tout de suite ! Je voulais être avec toi, je te veux toi et ton nom… J’ai ce que je souhaitais. Un bébé… Un jour peut-être. Mais… - Mais quoi ? - Quand je constate l’état dans lequel est Adena, je dois avouer que l’idée, bien qu’elle ait l’air séduisante au départ, n’est finalement pas du tout un bon moment dans la vie d’une femme. Je ne suis pas pressée d’en passer par là… ça ne fait pas si longtemps que j’ai le droit à une vie et j’ai envie d’en profiter avec toi. Nous avons tous les deux beaucoup de travail… C’est le plus important pour l’instant. Tu n’es pas d’accord ? - Je suis carrément entièrement d’accord et incroyablement soulagé de l’entendre de ta bouche. - Donc tout va bien ? Je constate qu’elle est aussi prudente que moi dans ses propos, nous nous sommes tellement obstinés l’un et l’autre dans nos duels… - Ouais, ça va plus que bien, on passe à la meilleure partie. La consommation de notre mariage ! Elle glousse de son rire cristallin trop charmant pour que je ne fonde pas comme neige au soleil. - Ça m’aurait étonné que ce moment-là ne t’intéresse pas. - Viens par-là que je te débarrasse de ça et que je profite de tes magnifiques formes. Elle me tourne immédiatement le dos et dégage élégamment ses cheveux sur le côté pour que je commence à déboutonner sa robe. - J’ai attendu ce moment toute la journée…, murmuré-je en embrassant la chair tendre de sa gorge. - Vraiment ? - Oui, je n’ai tenu que pour cette récompense. - Mais bien sûr… Je n’ai jamais été avare d’attentions de ce côté-là, je te rappelle. C’est plutôt toi qui as tendance à freiner les choses. - On s’est beaucoup fâché, tu sais que je ne suis pas du genre à faire l’amour quand je suis en colère. Sans oublier que tu as passé plus de temps dans toutes les autres chambres du ranch que la nôtre ces derniers mois. - Nous étions en désaccord. Je n’avais pas l’intention de céder. - Je ne regrette pas que tu m’aies tenu tête. Tu étais vraiment la plus magnifique des mariées… et maintenant, mon épouse… à moi. J’embrasse sa gorge puis son épaule en faisant glisser sa robe. Je découvre les sous-vêtements blancs qu’elle porte en dessous, elle a respecté l’ensemble du délire du mariage. Ça lui fait plaisir et elle est tellement belle que ce n’est absolument plus un problème. Je la conduis jusqu’à notre lit, mais c’est elle qui me grimpe dessus à califourchon en commençant par déboutonner ma chemise. - Tu es vraiment très beau en costume. - J’espère que ça t’a plu parce que t’es pas près de me revoir comme ça. - Autant en profiter dans ce cas. Elle m’embrasse, s’invite dans ma bouche, j’en profite pour la retourner et me coller contre elle tout entier. Je l’accapare sans difficulté, nos deux corps sont tellement différents. Elle est petite, un peu moins fine depuis que je la nourris, mais délicate et simplement divine. Moi, j’ai l’air d’un ours avec ma carrure d’ogre. J’affermis mon étreinte en détachant son soutien-gorge dans son dos, je l’embrasse partout, elle enroule ses jambes autour de mes flancs. Le moment de l’extase est arrivé, j’ai un peu trop bu, ma tête cogne, j’essaie de m’exciter pour assurer. Ça fait des semaines qu’on n’a pas eu d’intimité tous les deux, ça devrait aller tout seul… mais pour l’instant rien n’y fait. Je la touche, elle réagit, elle soupire, elle s’enflamme contre moi… et je reste… froid. Je laisse traîner les préliminaires en longueur, je la laisse promener ses mains sur moi sans descendre trop bas. Je me suis débarrassé de mes fringues et maintenant, je niche ma tête entre ses cuisses pour la lécher et faire grimper son plaisir. Elle se tortille en se lâchant totalement comme elle sait si bien l’accepter. Tous les ingrédients sont réunis pour m’exciter. J’en crève d’envie… mais p****n, pas moyen de b****r ! Je profite du divertissement que je lui offre pour essayer de m’échauffer avec ma main libre… sauf que je reste mou… et inutile. Elle ne remarque pas mon impuissance pour l’instant, mais lorsque je sens qu’elle va jouir, je commence à désespérer. J’essaie de retarder le plus possible son extase, mais elle sait tellement bien se laisser aller qu’à un moment… Il n’y a plus rien à contrôler. Elle se contracte contre ma bouche, son corps est secoué de spasmes, elle s’est couverte d’une fine pellicule de sueur et sa respiration est saccadée. Je me retrouve comme un con… J’embrasse le creux de sa cuisse, la garde entre mes bras et pose ma tête contre son ventre tandis qu’elle glisse les doigts dans mes cheveux. - Ça va être mon tour maintenant, murmure-t-elle, un contentement évident dans sa voix devenue plus rauque. - Je suis désolé ma perle. Je me sens carrément minable… mais je ne vais pas pouvoir faire plus. - Qu’est-ce qu’il y a ?! demande-t-elle soudainement alarmée en tentant de se redresser, mais je suis incapable de la regarder dans les yeux tellement j’ai honte. Tu n’as pas envie ? - Si, j’ai envie, mais j’ai trop bu… et j’ai mal au crâne. Mon corps ne suit pas… - Est-ce que tu veux que j’aille chercher Léa ?! - Bien sûr que non p****n ! - Est-ce que je peux faire quelque chose… peut-être que si… - Rien ma douce. J’ai seulement besoin de dormir, de me reposer… Je ne suis même pas capable de faire l’amour à ma femme pour notre nuit de noces. - Je t’aime…, souffle-t-elle avec une espèce de désespoir dans le ton qui m’agace carrément. - Je suis un mec Isis, c’est une question d’égo. - Mais je m’en fiche de ça ! Tu viens de me satisfaire. C’était très bon et dormir dans tes bras est ce que je préfère sur terre. J’ai tellement pleuré ces derniers mois à nous disputer… - Je me rattraperai, promets-je en embrassant son ventre. Dans quelques heures, ça ira mieux. - Ne t’inquiète pas… Je vais bien. Je suis fatiguée aussi et j’ai envie que ça te plaise. Demain ce sera très bien. Tu viens près de moi ? - Je suis très bien comme ça…, soupiré-je sans bouger. - D’accord. Elle continue de me caresser les cheveux et je finis par m’endormir plein d’amertume et de ressentiment… de doutes concernant mes capacités.
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