I Le rêve de Van ClippPortant une riche cargaison de denrées coloniales, sucre, café, indigo, épices de tous les genres, le navire de mein heer Van Clipp filait ses douze nœuds à l’heure. Tout présageait un heureux voyage. Assis à la proue, le digne armateur fumait tranquillement sa pipe, en songeant au moment où il reverrait sa petite maison de Harlem, si propre et si reluisante, son jardin si coquettement ratissé, et surtout ses chères tulipes. Mein heer Van Clipp avait versé des larmes bien amères, quand il lui avait fallu quitter ses fleurs de prédilection. La mort d’un frère, dont il était l’unique héritier, l’avait conduit à Java. La succession liquidée, il revenait dans sa patrie avec sa fille, l’incomparable Tulipia. Son père avait voulu que la plus belle des filles portât le no


