IIILorsque, après l’embarquement de Robert-Robert, l’intéressante famille eut quitté Brest et fut de retour dans la jolie habitation qu’elle possédait à quinze ou vingt lieues de cette ville, il se passa bien des jours sans gaîté, bien des nuits sans sommeil. L’absence de Robert-Robert était un vide que rien ne pouvait combler. Avoir dit adieu, pour l’éternité peut-être, à un jeune enfant dont la vie jusqu’alors s’était enlacée à la vôtre ; le chercher vainement, ici, là, partout, dans les lieux où chaque objet vous le rappelle sans cesse ; le suivre, par l’imagination, à travers mille périls, dont l’incertitude vous exagère encore la gravité ; vivre où l’on est, penser ou l’on n’est pas ; prendre la moitié des chagrins qu’on lui suppose, et ne point partager ses joies que l’on ignore ; en


