XCVII La rancune du premier mari Mon frère était un piqueur de pierres si renommé que tous les grands chantiers de Bretagne se le disputaient. Aussi était-il souvent absent, et pour de longs mois. Par exemple, il ne laissait jamais passer une année, sans venir voir notre père… Notre père ! Ah ! que ne l’avez-vous connu ! C’est celui-là qui vous en aurait débité, des histoires ! Et des rouges et des noires, et des grises et des bleues !… Tous ses enfants raffolaient de lui. Donc, un beau matin, on entendait cogner à la porte, et c’était mon frère Yvon. De chaque main il tenait une bouteille d’eau-de-vie. – Allons, mon père, criait-il joyeusement dès le seuil, je sais bien que vous allez me gronder un peu, parce que j’ai été longtemps sans reparaître. Mais, s’il vous plaît, nous commencer


