On achève bien les angesPascale de Trazegnies Ils descendent du ciel, les yeux bandés. Enfourchent les chevaux à tâtons, et disparaissent dans une ronde joyeuse laissant derrière eux traîner le souffle de leurs ailes. Mais, le mal surgit. Sous de longues robes bleu roi qui masquent les visages, des êtres fantomatiques campés sur des échasses apparaissent tels des squelettes informes cachés sous les étoffes. Ils rôdent. S’approchant des anges revenus folâtrer dans la ronde, ils tournent à l’intérieur de leur cercle en un ballet macabre, hésitant à les toucher de leurs longues perches… Les anges caracolant sont inatteignables. Voilà que la cible chérie se profile : un homme petit, si petit, minuscule, aux jambes rabougries comme des poteaux de chaises d’enfant. Lui aussi porte des ailes


