Concordance des tempsCatherine Deschepper « Ce sera mieux demain ». Il m’avait dit cela. Il le disait souvent. « Tu verras, ma puce, ce sera mieux demain ». Et il ajoutait « encore ». « Ce sera encore mieux demain ». J’avais sept ans. C’était mon grand-père. Pour mon accession à la sagesse, sept ans, un passage obligatoire, il m’avait invitée au restaurant. Moi. Toute seule. Il aimait faire ce genre de choses, mon grand-père. Il était né à Marchienne. Docherie. Sa mère, qui allait être centenaire, était trieuse. Juste à la sortie de la mine. Sur des tapis qui vomissaient leur charbon. Elle triait, noiraude. Puis, il y avait eu la guerre. De la guerre de mon grand-père, j’ai une représentation étrangement amusante. C’était l’heure de la solution finale, la grande époque de la dénonciation


