LIX Passage du torrent. Oui, le coursier blanc, serré de près par les loups, s’était précipité dans ce torrent impétueux ! Notre première préoccupation fut de savoir s’il était parvenu à le traverser. La chose paraissait improbable, impossible.... La rivière semblait trop profonde pour être passée à gué. Le cheval avait donc dû nager ? En ce cas, le courant l’avait emporté, submergé, et l’infortunée Isolina avait été noyée !... La conclusion nous parut évidente. Rube seul ne l’admit pas. Selon le vieux trappeur, le coursier blanc avait passé sain et sauf le torrent avant que les dernières pluies l’eussent gonflé. — Et la preuve, ajouta-t-il d’un air victorieux, que le cheval est arrivé ici avant l’orage, c’est que ses sabots n’ont laissé que de faibles empreintes ; sur ce terrain détrem


