Épisode 12: Fais confiance

1355 Mots
Épisode 12 : Fais confiance L'amour à sens unique est très tranchant, il nous transperce le cœur tout en nous laissant dans une mare de sang. On a l'impression de mener seul un combat qui devrait être livré à deux. On se retrouve en compagnie de la solitude, du manque, de la frustration, de la déception, voire du désespoir. Parfois, on est dégoûté de la vie juste parce que les sentiments ne sont pas réciproques. Et au fil du temps, la personne autrefois aimée devient une option et perd sa valeur considérablement aux yeux de l'autre. C'est tout ce que ressent Prisca lorsqu'elle pense à Ronel. Elle veut tourner la page sur ce dernier, et en pensant à sa discussion de tout à l'heure avec Kenneth, elle trouve qu'il est possible d'arranger les choses si vraiment Ronel est partant. C'est une chance, et elle pense bien la saisir. Elle trouve que passer du temps ensemble pour discuter de leur relation est la meilleure solution ; ils pourront faire face à leurs différends et se comprendre. Ainsi, l'amour reprendra son sens normal et ils en profiteront pleinement. Prisca trouve l'idée très bonne, mais le reste dépend de Ronel. Va-t-il accepter une telle proposition de voyage ? Elle se demande si cela vaut la peine de lui en parler, car connaissant son mec, elle doute fortement. Prisca prend son courage à deux mains et se connecte pour lui envoyer un texto, mais elle constate qu'il lui en a déjà envoyé un. "Merci chérie, je t’en serai éternellement reconnaissant. Merci infiniment, tu ne cesses de me tirer d’affaires. J’ai voulu t’appeler mais je suis présentement en stage", avait-il laissé comme message. "Ne t'inquiète pas chéri, s'il te plaît je veux voyager à Paris demain et je veux que tu m’accompagnes. Pourras-tu m’accorder une semaine de ton temps ?" a répondu Prisca. Comme il était toujours en ligne, elle attendait impatiemment sa réponse. Et il répond quelques minutes après. "Pourquoi ne pas rester ici ? Je n’ai pas une semaine, mais 24 heures ou alors on se verra tous les soirs si tu le désires." "Bon, c’est compris, moi je vais à Paris demain," répondit-elle sèchement. "Pourquoi es-tu sur la défensive ?" lui demanda-t-il, étonné par sa réponse. "Je ne suis pas sur la défensive, mais je m’attendais à une telle réponse venant de toi, ce n'est pas aujourd'hui que je t'ai connu." "D'accord, je vois, mais s'il te plaît, ne le prends pas mal. Je suis en stage et je ne pourrai pas me libérer, sinon cela risque de me rattraper plus tard." "Est-ce que j'ai dit quelque chose de plus ? Ne t'inquiète pas, heureusement que Kenneth sera de la partie," répondit-elle à nouveau. "Donc, si je comprends bien, tu seras en compagnie de Kenneth ?" "Au moins, je ne me sentirai pas seule." "Je m'en doutais, je savais pertinemment que l'idée venait de la blanche et non de toi. Moi, je ne veux pas que tu te sentes seule, surtout qu’elle sera là avec son mec." "Que veux-tu dire par là ?" "Je veux que tu déclines son offre gentiment," lui ordonna Ronel. "Ma décision est prise, toi tu es occupé par je ne sais quoi. Moi, je suis ennuyée et il est temps de me changer les idées. Si tu n'as plus rien à dire, alors bonne soirée à toi," lui dit-elle sur un ton colérique. "Aïe, mon cœur est fâché et je ressens le saignement. Je n’ai pas voulu te vexer. Je te souhaite une bonne traversée par anticipation. En plus, j'aurais souhaité être de la partie, mais hélas, je n'y peux rien. Alors prends bien soin de toi et sache que je t'aime énormément." "D’accord, merci bien. Je t'aime aussi et je veux que les choses aillent mieux entre nous, mais toi tu ne fais rien. J'ai même l'impression de te forcer à vivre la relation." Là, Prisca ne pouvait plus retenir ce qu'elle avait sur le cœur. Depuis un moment, elle cherchait l'occasion de le lui dire, et voilà que celle-ci s'était présentée. "Non, chérie, s'il te plaît ne dis pas ça. Tu sais très bien que je t'aime et je suis tout à fait d'accord avec toi pour que nous trouvions un point d'entente. Je pense qu'on doit sérieusement discuter, mais pour l'instant cela va devoir attendre. Je pense qu'après ton retour, nous en parlerons calmement." "D'accord, si tu le dis," répondit Prisca. C’était peine perdue d'avance. Voilà ce qu'elle redoutait, elle savait très bien qu’il n'allait jamais accepter de les suivre, surtout qu'elle serait en compagnie de Kenneth. Ronel n'a jamais digéré d'être en face de Kenneth, car elle lui reprochait son comportement envers sa copine et celui-ci le prenait autrement. Il trouvait plutôt Kenneth très égoïste, dictant toujours des lois à suivre. Prisca prenait son mal en patience tout en essayant de se calmer, espérant qu'après son retour tout rentrerait dans l'ordre. "Si je peux l’aimer, c’est peut-être pour une bonne raison. Avec le temps, il va changer, qui sait ! Personne ne sait de quoi demain est fait. Je prends mon courage à deux mains en espérant l’avenir," se disait-elle en laissant échapper une goutte de larme sur ses joues pour la énième fois. Pendant que Prisca s'apitoyait sur son sort d'avoir consacré tout son amour à Ronel, ce dernier réfléchissait plutôt à comment remporter sa victoire de tout à l'heure. Ils devaient livrer un match contre une équipe adverse de leur université. Une fois sur le terrain, il saluait ses coéquipiers tour à tour. "Je crois que tu es en super forme," lui lança l'un d'eux. "Oui, n'oublie pas que je suis le meilleur gardien qu'ait connu notre promotion," dit-il en se glorifiant. "Huuumm, mon œil, meilleur gardien. Tout ceci grâce à une personne si adorable qui ne cesse de te combler d'amour. Remercie plutôt cette personne que de t'inventer des mérites." "Ah, de qui parles-tu déjà ?" lui demanda Ronel. "Il parle de Prisca," dit un autre, suivi d'un clin d'œil. À entendre ce prénom, le beau sourire de Ronel s'effaça comme s'il venait de voir un fantôme, ce qui attira l'attention de ses potes. "Ça va toi ?" rétorqua un autre. "Oui, ça peut aller." "Je t'assure que tu es très chanceux, j'ai toujours rêvé d'avoir une copine comme elle. Elle est tellement simple, posée, déterminée et sait ce qu'elle veut. Elle n'est pas le genre de fille qui passe tout son temps à rêver, elle est remplie de plusieurs qualités qui peuvent faire d'elle une bonne épouse et la plus magnifique des mères. Elle est le genre de fille que tous les gars rêvent d'avoir," finit-il en posant sa main sur l'épaule de son ami. "Pouvons-nous parler d'autre chose ?" dit Ronel en prenant place sur le banc. "Oui, mais s'il te plaît, ne perds pas cette fille, sinon tu risques de le regretter pour le restant de ta vie." "Qui vous dit le contraire ? J'aime ma chérie et elle le sait très bien, donc occupez-vous plutôt de vos problèmes." "Sois pas vexé mon gars, c'était juste pour attirer ton attention. C'est une perle rare, prends soin d'elle," lança son ami en récupérant son sac sur le banc. Ronel resta un moment pensif aux propos de ses amis. Ils ont raison en ce qui concerne Prisca. Non seulement c'est une bonne fille, mais elle témoigne d'une bonne éducation et elle mérite qu'on lui rende la pareille. Elle mérite de vivre la joie et de connaître le bonheur de l'amour. En dehors de ses nobles valeurs qu'elle témoigne à son égard, elle sait faire de la place aux gens dans son cœur. “ C'est une fille extraordinaire, mais depuis que ma relation avec Kenneth s'est dégradée, je ne reconnais plus vraiment ma copine. Je pense plutôt que Kenneth lui parle mal de moi et lui dit ce qu'elle doit faire juste pour se venger de moi . J'aime vraiment Prisca, mais il faudra qu'elle fasse le choix entre sa copine et moi. Car je ne supporte plus cette fille de bourgeois, elle aime trop se faire remarquer.” Se disait Rondel intérieurement. À suivre...
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