– Bien entendu, et c’est ce que la présence d’une institutrice aurait empêché. Si j’avais connu votre mère, j’aurais vivement insisté pour qu’elle en prît une. On ne saurait croire le nombre de familles auxquelles j’en ai procuré. Je suis toujours heureuse, quand je le puis, de placer une jeune personne dans de bonnes conditions. Grâce à moi quatre nièces de Mrs. Jenkinson ont été pourvues de situations fort agréables. Vous ai-je dit, mistress Collins, que lady Metcalfe est venue me voir hier pour me remercier ? Il paraît que miss Pape est une véritable perle. Parmi vos jeunes sœurs, y en a-t-il qui sortent déjà, miss Bennet ? – Oui, madame, toutes. – Toutes ? Quoi ? Alors toutes les cinq à la fois ! Et vous n’êtes que la seconde, et les plus jeunes sortent avant que les aînées soient mariées ? Quel âge ont-elles donc ? – La dernière n’a pas encore seize ans. C’est peut-être un peu tôt pour aller dans le monde, mais, madame, ne serait-il pas un peu dur pour des jeunes filles d’être privées de leur part légitime de plaisirs parce que les aînées n’ont pas l’occasion ou le désir de se marier de bonne heure ? – En vérité, dit lady Catherine, vous donnez votre avis avec bien de l’assurance pour une si jeune personne. Quel âge avez-vous donc ? – Votre Grâce doit comprendre, répliqua Elizabeth en souriant, qu’avec trois jeunes sœurs qui vont dans le monde, je ne me soucie plus d’avouer mon âge. Cette réponse parut interloquer lady Catherine. Elizabeth était sans doute la première créature assez téméraire pour s’amuser de sa majestueuse impertinence. – Vous ne devez pas avoir plus de vingt ans. Vous n’avez donc aucune raison de cacher votre âge. – Je n’ai pas encore vingt et un ans. Quand les messieurs revinrent et qu’on eut pris le thé, les tables de jeu furent apportées. Lady Catherine, sir William, Mr. et Mrs. Collins s’installèrent pour une partie de « quadrille ». Miss de Bourgh préférait le « casino » ; les deux jeunes filles et Mrs. Jenkinson eurent donc l’honneur de jouer avec elle une partie remarquablement ennuyeuse. On n’ouvrait la bouche, à leur table, que pour parler du jeu, sauf lorsque Mrs. Jenkinson exprimait la crainte que miss de Bourgh eût trop chaud, trop froid, ou qu’elle fût mal éclairée. L’autre table était beaucoup plus animée. C’était lady Catherine qui parlait surtout pour noter les fautes de ses partenaires ou raconter des souvenirs personnels. Mr. Collins approuvait tout ce que disait Sa Grâce, la remerciant chaque fois qu’il gagnait une fiche et s’excusant lorsqu’il avait l’impression d’en gagner trop. Sir William parlait peu : il tâchait de meubler sa mémoire d’anecdotes et de noms aristocratiques. Lorsque lady Catherine et sa fille en eurent assez du jeu, on laissa les cartes, et la voiture fut proposée à Mrs. Collins qui l’accepta avec gratitude. La société se réunit alors autour du feu pour écouter lady Catherine décider quel temps il ferait le lendemain, puis, la voiture étant annoncée, Mr. Collins réitéra ses remerciements, sir William multiplia les saluts, et l’on se sépara. À peine la voiture s’était-elle ébranlée qu’Elizabeth fut invitée par son cousin à dire son opinion sur ce qu’elle avait vu à Rosings. Par égard pour Charlotte, elle s’appliqua à la donner aussi élogieuse que possible ; mais ses louanges, malgré la peine qu’elle prenait pour les formuler, ne pouvaient satisfaire Mr. Collins qui ne tarda pas à se charger lui-même du panégyrique de Sa Grâce.
Sir William ne demeura qu’une semaine à Hunsford, mais ce fut assez pour le convaincre que sa fille était très confortablement installée et qu’elle avait un mari et une voisine comme on en rencontre peu souvent. Tant que dura le séjour de sir William, Mr. Collins consacra toutes ses matinées à le promener en cabriolet pour lui montrer les environs. Après son départ, chacun retourna à ses occupations habituelles et Elizabeth fut heureuse de constater que ce changement ne leur imposait pas davantage la compagnie de son cousin. Il employait la plus grande partie de ses journées à lire, à écrire, ou à regarder par la fenêtre de son bureau qui donnait sur la route. La pièce où se réunissaient les dames était située à l’arrière de la maison. Elizabeth s’était souvent demandé pourquoi Charlotte ne préférait pas se tenir dans la salle à manger, pièce plus grande et plus agréable, mais elle devina bientôt la raison de cet arrangement : Mr. Collins aurait certainement passé moins de temps dans son bureau si l’appartement de sa femme avait présenté les mêmes agréments que le sien. Du salon, on n’apercevait pas la route. C’est donc par Mr. Collins que ces dames apprenaient combien de voitures étaient passées et surtout s’il avait aperçu miss de Bourgh dans son phaéton, chose dont il ne manquait jamais de venir les avertir, bien que cela arrivât presque journellement. Miss de Bourgh s’arrêtait assez souvent devant le presbytère et causait quelques minutes avec Charlotte, mais d’ordinaire sans descendre de voiture. De temps en temps, lady Catherine elle-même venait honorer le presbytère de sa visite. Alors son regard observateur ne laissait rien échapper de ce qui se passait autour d’elle. Elle s’intéressait aux occupations de chacun, examinait le travail des jeunes filles, leur conseillait de s’y prendre d’une façon différente, critiquait l’arrangement du mobilier, relevait les négligences de la domestique et ne semblait accepter la collation qui lui était offerte que pour pouvoir déclarer à Mrs. Collins que sa table était trop abondamment servie pour le nombre de ses convives. Elizabeth s’aperçut vite que, sans faire partie de la justice de paix du comté, cette grande dame jouait le rôle d’un véritable magistrat dans la paroisse, dont les moindres incidents lui étaient rapportés par Mr. Collins. Chaque fois que des villageois se montraient querelleurs, mécontents ou disposés à se plaindre de leur pauvreté, vite elle accourait dans le pays, réglait les différends, faisait taire les plaintes et ses admonestations avaient bientôt rétabli l’harmonie, le contentement et la prospérité. Le plaisir de dîner à Rosings se renouvelait environ deux fois par semaine. À part l’absence de sir William et le fait qu’on n’installait plus qu’une table de jeu, ces réceptions ressemblaient assez exactement à la première. Les autres invitations étaient rares, la société du voisinage, en général, menant un train qui n’était pas à la portée des Collins. Elizabeth ne le regrettait pas et, somme toute, ses journées coulaient agréablement. Elle avait avec Charlotte de bonnes heures de causerie et, la température étant très belle pour la saison, elle prenait grand plaisir à se promener. Son but favori était un petit bois qui longeait un des côtés du parc et elle s’y rendait souvent pendant que ses cousins allaient faire visite à Rosings. Elle y avait découvert un délicieux sentier ombragé que personne ne paraissait rechercher, et où elle se sentait à l’abri des curiosités indiscrètes de lady Catherine. Ainsi s’écoula paisiblement la première quinzaine de son séjour à Hunsford. Pâques approchait, et la semaine sainte devait ajouter un appoint important à la société de Rosings. Peu après son arrivée, Elizabeth avait entendu dire que Mr. Darcy était attendu dans quelques semaines et, bien que peu de personnes dans ses relations lui fussent moins sympathiques, elle pensait néanmoins que sa présence donnerait un peu d’intérêt aux réceptions de Rosings. Sans doute aussi aurait-elle l’amusement de constater l’inanité des espérances de miss Bingley en observant la conduite de Mr. Darcy à l’égard de sa cousine à qui lady Catherine le destinait certainement. Elle avait annoncé son arrivée avec une grande satisfaction, parlait de lui en termes de la plus haute estime, et avait paru presque désappointée de découvrir que son neveu n’était pas un inconnu pour miss Lucas et pour Elizabeth. Son arrivée fut tout de suite connue au presbytère, car Mr. Collins passa toute la matinée à se promener en vue de l’entrée du château afin d’en être le premier témoin ; après avoir fait un profond salut du côté de la voiture qui franchissait la grille, il se précipita chez lui avec la grande nouvelle. Le lendemain matin, il se hâta d’aller à Rosings offrir ses hommages et trouva deux neveux de lady Catherine pour les recevoir, car Darcy avait amené avec lui le colonel Fitzwilliam, son cousin, fils cadet de lord ***, et la surprise fut grande au presbytère quand on vit revenir Mr. Collins en compagnie des deux jeunes gens. Du bureau de son mari Charlotte les vit traverser la route et courut annoncer aux jeunes filles l’honneur qui leur était fait : – Eliza, c’est à vous que nous devons cet excès de courtoisie. Si j’avais été seule, jamais Mr. Darcy n’aurait été aussi pressé de venir me présenter ses hommages. Elizabeth avait à peine eu le temps de protester lorsque la sonnette de la porte d’entrée retentit et, un instant après, ces messieurs faisaient leur entrée dans le salon. Le colonel Fitzwilliam, qui paraissait une trentaine d’années, n’était pas un bel homme mais il avait une grande distinction dans l’extérieur et dans les manières. Mr. Darcy était tel qu’on l’avait vu en Hertfordshire. Il présenta ses compliments à Mrs. Collins avec sa réserve habituelle et, quels que fussent ses sentiments à l’égard de son amie, s’inclina devant elle d’un air parfaitement impassible. Elizabeth, sans mot dire, répondit par une révérence. Le colonel Fitzwilliam avait engagé la conversation avec toute la facilité et l’aisance d’un homme du monde mais son cousin, après une brève remarque adressée à Mrs. Collins sur l’agrément de sa maison, resta quelque temps sans parler. À la fin il sortit de son mutisme et s’enquit auprès d’Elizabeth de la santé des siens. Elle répondit que tous allaient bien, puis, après une courte pause, ajouta :
– Ma sœur aînée vient de passer trois mois à Londres ; vous ne l’avez pas rencontrée ? Elle était parfaitement sûre du contraire mais voulait voir s’il laisserait deviner qu’il était au courant de ce qui s’était passé entre les Bingley et Jane. Elle crut surprendre un peu d’embarras dans la manière dont il répondit qu’il n’avait pas eu le plaisir de rencontrer miss Bennet. Le sujet fut abandonné aussitôt et, au bout de quelques instants, les deux jeunes gens prirent congé.
Les habitants du presbytère goûtèrent beaucoup les manières du colonel Fitzwilliam et les dames, en particulier, eurent l’impression que sa présence ajouterait beaucoup à l’intérêt des réceptions de lady Catherine. Plusieurs jours s’écoulèrent cependant sans amener de nouvelle invitation, – la présence des visiteurs au château rendait les Collins moins nécessaires, – et ce fut seulement le jour de Pâques, à la sortie de l’office, qu’ils furent priés d’aller passer la soirée à Rosings. De toute la semaine précédente, ils avaient très peu vu lady Catherine et sa fille ; le colonel Fitzwilliam était entré plusieurs fois au presbytère, mais on n’avait aperçu Mr. Darcy qu’à l’église. L’invitation fut acceptée comme de juste et, à une heure convenable, les Collins et leurs hôtes se joignaient à la société réunie dans le salon de lady Catherine. Sa Grâce les accueillit aimablement, mais il était visible que leur compagnie comptait beaucoup moins pour elle qu’en temps ordinaire. Ses neveux absorbaient la plus grande part de son attention et c’est aux deux jeunes gens, à Darcy surtout, qu’elle s’adressait de préférence. Le colonel Fitzwilliam marqua beaucoup de satisfaction en voyant arriver les Collins. Tout, à Rosings, lui semblait une heureuse diversion et la jolie amie de Mrs. Collins lui avait beaucoup plu. Il s’assit auprès d’elle et se mit à l’entretenir si agréablement du Kent et du Hertfordshire, du plaisir de voyager et de celui de rester chez soi, de musique et de lecture, qu’Elizabeth fut divertie comme jamais encore elle ne l’avait été dans ce salon. Ils causaient avec un tel entrain qu’ils attirèrent l’attention de lady Catherine ; les yeux de Mr. Darcy se tournèrent aussi de leur côté avec une expression de curiosité ; quant à Sa Grâce, elle manifesta bientôt le même sentiment en interpellant son neveu : » – Eh ! Fitzwilliam ? de quoi parlez-vous ? Que racontez-vous donc à miss Bennet ? – Nous parlions musique, madame, dit-il enfin, ne pouvant plus se dispenser de répondre. – Musique ! Alors, parlez plus haut ; ce sujet m’intéresse. Je crois vraiment qu’il y a peu de personnes en Angleterre qui aiment la musique autant que moi, ou l’apprécient avec plus de goût naturel. J’aurais eu sans doute beaucoup de talent, si je l’avais apprise ; Anne aussi aurait joué délicieusement, si sa santé lui avait permis d’étudier le piano. Et Georgiana, fait-elle beaucoup de progrès ? Mr. Darcy répondit par un fraternel éloge du talent de sa sœur. – Ce que vous m’apprenez là me fait grand plaisir ; mais dites-lui bien qu’il lui faut travailler sérieusement si elle veut arriver à quelque chose. – Je vous assure, madame, qu’elle n’a pas besoin de ce conseil, car elle étudie avec beaucoup d’ardeur. – Tant mieux, elle ne peut en faire trop et je le lui redirai moi-même quand je lui écrirai. C’est un conseil que je donne toujours aux jeunes filles et j’ai dit bien des fois à miss Bennet qu’elle devrait faire plus d’exercices. Puisqu’il n’y a pas de piano chez Mrs. Collins, elle peut venir tous les jours ici pour étudier sur celui qui est dans la chambre de Mrs. Jenkinson. Dans cette partie de la maison, elle serait sûre de ne déranger personne. Mr. Darcy, un peu honteux d’entendre sa tante parler avec si peu de tact, ne souffla mot. Quant on eut pris le café, le colonel Fitzwilliam rappela qu’Elizabeth lui avait promis un peu de musique. Sans se faire prier elle s’installa devant le piano et il transporta son siège auprès d’elle. Lady Catherine écouta la moitié du morceau et se remit à parler à son autre neveu, mais celui-ci au bout d’un moment la quitta et s’approchant délibérément du piano se plaça de façon à bien voir la jolie exécutante. Elizabeth s’en aperçut et, le morceau terminé, lui dit en plaisantant : – Vous voudriez m’intimider, Mr. Darcy, en venant m’écouter avec cet air sérieux, mais bien que vous ayez une sœur qui joue avec tant de talent, je ne me laisserai pas troubler. Il y a chez moi une obstination dont on ne peut facilement avoir raison. Chaque essai d’intimidation ne fait qu’affermir mon courage. – Je ne vous dirai pas que vous vous méprenez, dit-il, car vous ne croyez certainement pas que j’aie l’intention de vous intimider. Mais j’ai le plaisir de vous connaître depuis assez longtemps pour savoir que vous vous amusez à professer des sentiments qui ne sont pas les vôtres. Elizabeth rit de bon cœur devant ce portrait d’elle-même, et dit au colonel Fitzwilliam : – Votre cousin vous donne une jolie opinion de moi, en vous enseignant à ne pas croire un mot de ce que je dis ! Je n’ai vraiment pas de chance de me retrouver avec quelqu’un si à même de dévoiler mon véritable caractère dans un pays reculé où je pouvais espérer me faire passer pour une personne digne de foi. Réellement, Mr. Darcy, il est peu généreux de révéler ici les défauts que vous avez remarqués chez moi en Hertfordshire, et n’est-ce pas aussi un peu imprudent ? car vous me provoquez à la vengeance, et il peut en résulter des révélations qui risqueraient fort de choquer votre entourage. – Oh ! je n’ai pas peur de vous, dit-il en souriant. – Dites-moi ce que vous avez à reprendre chez lui, je vous en prie, s’écria le colonel Fitzwilliam. J’aimerais savoir comment il se comporte parmi les étrangers. – En bien, voilà, mais attendez-vous à quelque chose d’affreux… La première fois que j’ai vu Mr. Darcy, c’était à un bal. Or, que pensez-vous qu’il fit à ce bal ? Il dansa tout juste quatre fois. Je suis désolée de vous faire de la peine, mais c’est l’exacte vérité. Il n’a dansé que quatre fois, bien que les danseurs fussent peu nombreux et que plus d’une jeune fille, – je le sais pertinemment, – dut rester sur sa chaise, faute de cavalier. Pouvez-vous nier ce fait, Mr. Darcy ? – Je n’avais pas l’honneur de connaître d’autres dames que celles avec qui j’étais venu à cette soirée.
– C’est exact ; et on ne fait pas de présentations dans une soirée… Alors, colonel, que vais-je vous jouer ? Mes doigts attendent vos ordres. – Peut-être, dit Darcy, aurait-il été mieux de chercher à me faire présenter. Mais je n’ai pas les qualités nécessaires pour me rendre agréable auprès des personnes étrangères. – En demanderons-nous la raison à votre cousine ? dit Elizabeth en s’adressant au colonel Fitzwilliam. Lui demanderons-nous pourquoi un homme intelligent et qui a l’habitude du monde n’a pas les qualités nécessaires pour plaire aux étrangers ? – Inutile de l’interroger, je puis vous répondre moi-même, dit le colonel ; c’est parce qu’il ne veut pas s’en donner la peine. – Certes, dit Darcy, je n’ai pas, comme d’autres, le talent de converser avec des personnes que je n’ai jamais vues. Je ne sais pas me mettre à leur diapason ni m’intéresser à ce qui les concerne. – Mes doigts, répliqua Elizabeth, ne se meuvent pas sur cet instrument avec la maîtrise que l’on remarque chez d’autres pianistes. Ils n’ont pas la même force ni la même vélocité et ne traduisent pas les mêmes nuances : mais j’ai toujours pensé que la faute en était moins à eux qu’à moi qui n’ai pas pris la peine d’étudier suffisamment pour les assouplir. Darcy sourit : – Vous avez parfaitement raison, dit-il ; vous avez mieux employé votre temps. Vous faites plaisir à tous ceux qui ont le privilège de vous entendre. Mais, comme moi, vous n’aimez pas à vous produire devant les étrangers. Ici, ils furent interrompus par lady Catherine qui voulait être mise au courant de leur conversation. Aussitôt, Elizabeth se remit à jouer. Lady Catherine s’approcha, écouta un instant, et dit à Darcy : – Miss Bennet ne jouerait pas mal si elle étudiait davantage et si elle prenait des leçons avec un professeur de Londres. Elle a un très bon doigté, bien que pour le goût, Anne lui soit supérieure. Anne aurait eu un très joli talent si sa santé lui avait permis d’étudier. Elizabeth jeta un coup d’œil vers Darcy pour voir de quelle façon il s’associait à l’éloge de sa cousine, mais ni à ce moment, ni à un autre, elle ne put discerner le moindre symptôme d’amour. De son attitude à l’égard de miss de Bourg, elle recueillit cette consolation pour miss Bingley : c’est que Mr. Darcy aurait aussi bien pu l’épouser si elle avait été sa cousine. Lady Catherine continua ses remarques entremêlées de conseils ; Elizabeth les écouta avec déférence, et, sur la prière des deux jeunes gens, demeura au piano jusqu’au moment où la voiture de Sa Grâce fut prête à les ramener au presbytère.