Parfois font halte au village des hommes en armes qui partent vers la France : ils ne s’étendent guère sur la nature de leur mission au-delà des frontières, vont-ils chercher des hommes ? Des armes ? Ils ont sur le visage et dans le regard les ombres obscures de ceux qui vont à la rencontre de l’inconnu et du danger… Avant de s’éloigner lorsque pointe l’aube, ils passent la nuit chez l’un ou l’autre des habitants, qui partage avec eux le gîte et le couvert. Un soir, Consuelo abrita l’un d’eux, un homme brun, de son âge à peu près, anarchiste exalté et romantique. Les enfants dormaient, alignés tous trois dans un grand lit, à l’étage. La vieille mère somnolait au coin du feu, sa tête dodelinant sur sa poitrine creuse. - Je m’appelle Salvador… s’était-il mis à soliloquer, évoquant à mi-voi


