Ainsi ça y est, Irène prend son envol. La veille, Marine lui a rendu visite à Elne, dans la chambre qu’elle a louée. La jeune fille a organisé son petit espace, entre coin travail et coin repos avec goût et sagacité : c’est son premier vrai « chez elle ». Elle s’est plongée dans sa recherche historique comme si sa vie en dépendait, avec enthousiasme et naïveté, sans mettre de frontière entre elle et l’objet de son étude. Marine songe, à la fois attendrie, inquiète et fière, à sa fille qui s’engage dans sa voie, dans sa vie. Elle se sent comme un promeneur du bord de mer qui suit des yeux une voile s’éloignant vers des eaux inconnues. Perdue dans ses pensées, Marine avance sur une piste herbue, elle rentre chez elle. Le soleil couchant allume des rougeurs d’incendie à l’horizon. Elle pénèt


