XDeux heures du matin. C’était la nuit surtout qu’elle se tenait attentive à tous les pas qui s’approchaient ; à la moindre rumeur, au moindre son inaccoutumé, ses tempes vibraient ; à force d’être tendues aux choses du dehors, elles étaient devenues affreusement douloureuses. Deux heures du matin. Cette nuit-là comme les autres, les mains jointes et les yeux ouverts dans l’obscurité, elle écoutait le vent faire sur la lande son bruit presque éternel. Des pas d’hommes tout à coup, des pas précipités dans le chemin ! À pareille heure, qui pouvait passer ? Elle se dressa, remuée jusqu’au fond de l’âme, son cœur cessant de battre… On s’arrêtait devant la porte, on montait les petites marches de pierre… Lui !… Oh ! joie du ciel, lui ! On avait frappé, est-ce que ce pouvait être un autre !


