Chapitre 6 : Illusion

2721 Mots
La forêt n'était pas si étroite que ça finalement, elle était même semblable à la forêt noire. Nous marchions déjà depuis une bonne heure sans s'adresser un mot. Est ce que je regrettais d'avoir essayé de le tuer ? Non. Enfin un peu, mais je ne pouvais pas le penser fort dans ma tête, par peur qu'il l'entende. Il était devant moi et devant Stan qui était toujours endormi sur son lit de terre en lévitation. Je voulais lui parler, mais ça ne servirait à rien, il allait sûrement me dire de la fermer ou un truc du genre. - Merci. Je relevais ma tête vers lui pour voir qu'il avait arrêté de marcher et s'était même retourné vers moi. - Hum ? Je répondais simplement, un air perdu sur mon visage. Il affichait un sourire en coin, mais celui ci n'était pas arrogant, il était doux ? - Pour m'avoir sauvé tout à l'heure contre le sbire. Il se retournait, il avait vraiment dû mettre sa fierté de côté pour pouvoir me dire ça. Un grand sourire était apparu sur mon visage. - J'avais compris, je voulais juste t'entendre le dire à voix haute. Je riais légèrement alors qu'il avais l'air agacé, pour changer. - J'essaye de faire des efforts là ! Arrête de te moquer de moi. Je m'arrêtais de rire et m'excusais doucement, un grand sourire toujours affiché sur mon visage. - Et bien merci à toi aussi d'avoir tué le troisième sbire tout à l'heure... t'aurais pu le laisser me tuer hein. Je plaisantais de nouveau, c'était vraiment bizarre de rire en sa présence ou de même faire des blagues nulles. - Tu l'aurais tué avant qu'il ne te tue. Il reprit sa marche et le sourire sur mes lèvres persistait. La pluie commençait à tomber sur nous, me rendant encore plus mouillée que je ne l'étais déjà. Le vent soufflait doucement et l'humidité se faisait de plus en plus sentir, le bruit des branches cassées craquaient sous nos pieds, cette marche n'allait jamais prendre fin. - Kurt... on marche pour aller ou en fait ? - J'en sais rien... notre but et déjà de sortir de cette forêt et d'atteindre le pays voisin le plus proche pour pouvoir nous reposer... tu sens ça ? Kurtis s'était arrêté, il inspirait profondément par le nez et je l'imitais, ça sentait le sang. - Quelqu'un est mort pas loin d'ici... suis moi. Il commençait à courir et là plaque où Stan reposait était tombée au sol violemment. On allait pas le laisser seul sans protection. - Oh ! On va pas laisser Stan ici seul et inconscient ! Réfléchis un peu. Il souffla bruyamment avant de former un cercle avec ses mains en direction de notre coéquipier au sol. - Āsudōmu ! Un dôme de terre venait de se refermer sur Stanley. Je roulais mes yeux, ce n'était peut être pas la meilleure des choses mais ça fera l'affaire. Kurtis reprit sa course et je me dépêchais de le rattraper, il poussait les branches qui nous gênaient le passage pour enfin nous laisser passer sans encombre. Il freina dans sa course tout d'un coup pour baisser la tête. Je m'arrêtais a côté de lui essayant de ne pas tomber au sol dans ma lancée. Le cadavre d'un sbire était au sol, une fumée noire sortait de ses intestins vidés sur les feuilles à terre. L'odeur était nauséabonde. Les yeux de Kurtis étaient figés, il ne bougeait plus et n'avait plus aucune réaction. - Oh, réveil toi Kurt, c'est juste un sbire mort, d'autres équipes ont dû passer par là avant nous. Je le poussais pour le faire réagir mais rien n'y faisait, il était complètement ailleurs. Je regardais autour de nous pour voir les têtes de deux autres sbires coupées et qui se trouvaient un peu plus loin de nous. Je sentais de grosses gouttes tomber dans mes cheveux et sur mon front, ma tête se relevait pour voir que leurs corps étaient suspendus aux arbres, leurs sangs égouttaient sur nos têtes. Ma voix se coupait mais je reprenais vite mes esprits. - Il faut partir... Kurt, on bouge maintenant, Stan est seul là bas et si les ennemis ne sont pas loin il est en danger. Je l'attrapait par le bras mais il tomba au sol sur ses genoux. Le visage livide, il était soudainement devenu blanc comme un cachet. - C'est ma mère. Il chuchotait, je ne comprenais rien, je lui répétait que non ça ne l'était pas, que sa mère était toujours au pays des quatre nations et que c'était juste une illusion mais rien n'y faisait non plus. Les larmes commençaient à couler le long de ses joues, j'étais désemparée. - p****n… Je tombais devant lui sur les genoux à mon tour, plaçant mes mains autour de son visage, il devait se réveiller. Lui même nous avait prévenu que les sbires pouvaient prendre la forme de nos plus grandes peurs, on ne savait juste pas comment c'était possible. J'essayais de faire en sorte que son regard s'encre dans le mien pour le ramener à la réalité, je le secouait un peu mais toujours rien. - Et puis merde... Ma main atterrissait violemment sur sa joue droite, sa tête bascula à gauche, il commençait à respirer un peu plus fort. Je soufflais, je pouvais sentir des palpitations dans ma main. Il leva son regard vers moi pour finalement les reposer sur le sbire. - Partons. Je hochais ma tête et l'aida a se relever difficilement. Il marchait à côté de moi et non devant moi cette fois ci. Nous devions rejoindre Stan qui, je l'espérais, était toujours sous le dôme, protégé. Nous marchions cinq minutes de plus avant d'arriver devant notre ami qui se tenait debout difficilement. Il avait rompu le dôme de terre. - Stan ! Je l'appelais et me ruais vers lui pour le soutenir. Kurt arrivait quelques secondes après toujours secoué de son illusion. - Comment tu te sens ? Je lui demandais en le posant assis au sol. - Ça peut aller... je me sens juste engourdi de partout, mais sinon ça va. - Tiens, avale ça. Kurt lui passait un antidouleur que Noa nous avait donné préalablement. Il l'avala avant de poser sa tête sur mon épaule. - Qu'Est ce qu'il s'est passé ? Il demanda dans un murmure. Il était encore assommé. - On s'est fait attaqué par des Sbires à l'entrée de la frontière interdite... Z, nous a tous sauvé la vie... enfin pour toi c'est la brigade 2 que tu devras remercier, après notre appel de fusée, ils ont débarqués en quelques minutes et t'ont extrait le venin qui coulait en toi. Il leva son pouce en l'air doucement, je pense qu'on devrait faire une pause, juste le temps qu'il reprenne un peu ses esprits. - Et pourquoi vous m'avez enfermé dans un dome de terre ? - On avait senti une odeur horrible, trois sbires sont morts a quelques mètres d'ici, Kurtis a été sous l'influence d'une illusion... mais maintenant tout va mieux. - Je ne savais pas qu'ils pouvaient nous faire halluciner même mort. - Je l'ai regardé dans les yeux, je n'aurais pas du, Z ne l'a pas fait, c'est pour ça qu'elle n'a pas été victime d'une illusion . Il hocha simplement sa tête mais lui et moi savions pertinemment que j’avais moi aussi regardé les cadavres dans les yeux. Je demandais à Kurt de faire une pause, on en avait tous besoin je pense. Stan tremblait à côté de moi, je plaçais ma main devant lui mais pas trop non plus, des flammes sortaient de ma paume, j'essayais de le réchauffer comme je pouvais. - Nous ne pouvons pas rester ici trop longtemps... les ennemis sont peut être toujours là. J'approuvais l'idée de Kurtis mais j'étais déjà épuisée, la journée n'était pas du tout terminée et j'avais l'impression d'avoir vécue une semaine entière en seulement quelques heures. - C'était quoi ce bruit ? - Je me disait bien que j'avais entendu des voix ! Mon cœur fit un bon dans ma poitrine mais quand le visage de Léo me parvint mon expression facile changea en une expression rassurée. Je me relevais en prenant Stan sous le bras pour qu'il se tienne debout un peu. La brigade 4 venait de croiser notre chemin. Les trois outsiders s'approchaient de nous de plus en plus et je voyais le visage de Kurtis s'illuminer quand il aperçu Thalia. - Leo ? Stan se dégageait de mon emprise pour aller enlacer son vieil ami. Léo et Stanley étaient très amis, ayant grandi dans le district de l'air tous les deux, ils étaient inséparables depuis leur plus tendre enfance. Lui et moi avions l'habitude de faire quelques escapades nocturnes dans notre pays pour découvrir ses secrets mais ce fut inutile puisque nous ne trouvions absolument rien et qu'on se faisait toujours prendre par nos supérieurs qui n'hésitaient pas à nous sanctionner. Eren arrivait derrière son coéquipier suivit de Thalia qui avait une expression froide accrochée à son visage, son regard me donnait limite froid dans le dos, elle et moi ne nous étendions pas vraiment, je ne sais pour quelle raison mais il y a toujours eu un froid même quand j'essayais de me rapprocher d'elle. Faisant partie de la famille du Major Marius qui l'a adoptée. Elle se dirigeait directement vers Kurtis, ils se connaissaient depuis longtemps eux aussi faisaient partie du clan de la terre, ils étaient un duo aux techniques combinées redoutables. J'avais toujours considéré Thalia comme une vrai guerrière, je ne l'avais jamais vu perdre son sang-froid, ni sur le terrain ni pendant les entraînements. - Ne fais pas attention à elle, elle s'est réveillée du mauvais pied ce matin et disons que Léo la pousse à bout. Eren s'était approché de moi en posant sa main sur mon épaule. Il faisait partie du clan de l'eau, c'était un garçon très réservé, appliqué, sérieux et surtout très puissant, il était l'un des meilleurs outsiders selon le grand sage. Je ne lui parlais pas forcément beaucoup mais il n'était pas méchant. - Je comprends... quand avez-vous dépassé la frontière ? Je lui demandais en enlevant sa main de mon épaule gentiment, un sourire gêné était apparu sur son visage quelques secondes après. - Depuis hier soir tard dans la nuit... nous n'avons rencontré aucun problème avec les ennemis, j'espère que c'est votre cas aussi. - Pas vraiment, vous avez croisés d'autres brigades ? Je le questionnais en espérant secrètement qu'il mentionne la première brigade. - Non, vous êtes en fait la première que nous croisons depuis deux jours, ça fait du bien de voir des visages familiers pour être honnête. Je hochais la tête en approuvant ses dires, c'est vrai que ça me rassurait de voir des têtes que je connaissais depuis longtemps. Mon regard se portait sur Thalia et Kurtis qui complotaient je ne sais quoi, il faut dire qu'ils ont les mêmes centres d'intérêts et je sais bien que mon coéquipier a beaucoup d'estime pour elle. - Z, alors ! Comment se passe ce début de mission ? Léo arrivait en me tapant dans la main, il était toujours plein d'énergie et de positivité, son équipe avait de la chance. - Compliqué j'imagine, et pour toi ? Je lui rétorquais sa question alors qu'il commençait à passer son bras autour de mes épaules. - Thalia est... insupportable, enfin je pense que c'est moi qui la rends insupportable selon les dires d'Eren. Je serais trop « joyeux » pour partir en mission suicide ou encore inconscient, elle m'a dit que je n'avais pas de limites il y a quelques temps, mais son problème a elle c'est qu'elle en a trop des limites. Vous vous nourrissez assez j'espère ? Arrivez-vous à dormir correctement ? J'avais perdu le fil au bout de trois mots, Léo débordait vraiment d'énergie mais je pouvais comprendre que Thalia n'en puisse plus, c'est un vrai moulin à parole. - Léo, je pense que tu devrais te calmer un peu, regarde ma super cicatrice au bras, c'est un sbire qui m'a empoisonné et c'est Z qui nous a tous sauvé la vie ! Stanley retenait son ami en lui montrant sa cicatrice au bras comme une blessure de guerre. Léo commençait à lui poser milles et une questions par apport à ça en admirant la blessure. Il semblait aller beaucoup mieux et c'était le principal. - Stan, Z, on remballe, on doit continuer à avancer. Kurtis élevait la voix pour que l'attention se porte sur lui, nous venions à peine de retrouver nos camarades et c'était déjà l'heure de partir selon lui. Thalia le prit dans ses bras avant qu'il ne se ramène vers nous, elle le serrait de toutes ses forces et il en faisait de même. Stan et Léo se plaignaient mais je pense que c'était quand même la meilleure chose à faire. Plus vite on sera sorti de ce trou, plus vite nous pourrons véritablement nous reposer. - J'espère qu'on se reverra assez vite, nous repartons vers l'Est nous, soyez prudents. Eren et Kurt se tapaient dans la main alors que Léo et Stan se prenaient dans les bras. Thalia me dévisageait de haut en bas, j'étais mal alaise. Nous les regardions s'en aller sachant pertinemment que nous n'allions pas les revoir de sitôt. Ils n'avaient croisé aucune brigade sauf la nôtre, nous, nous avions croisés toutes les brigades sauf la première ce qui m'inquiétais pour Serena. - Tu as l'air en forme pour un blessé de guerre Stanley ! Kurtis remarquait et celui-ci souriait, gêné. - Le fait d'avoir vu nos amis m'a fait énormément plaisir, je suis boosté un max ! C'était bon à savoir, j'entrepris la marche tandis que Stan lui se déplaçait à pieds mais Kurt l'aidait à marcher, il allait sûrement se rendormir dans pas longtemps à cause des antidouleurs qu'il avait pris il y a quelques minutes. La pluie s'était arrêtée de battre à mon plus grand plaisir, je sentais mauvais et j'avais juste une envie ; prendre une douche. J'espérais arriver au pays voisin le plus rapidement possible mais avec Stan qui refusait de remontrer sur la plateforme de terre de Kurtis, nous n'allions pas bien vite. - Et si on se séparait ? Je proposais en m'arrêtant dans ma marche pour me retourner vers mes deux coéquipiers. Stan venait de s'assoir au sol se plaignant d'avoir la tête qui tournait. - Mais bien sûr, dis-nous si tu as des idées encore plus ingénieuses. Je roulais les yeux face à la réponse de Kurtis, j'aurais dû m'en douter. - Vous allez à deux à l'heure, il faut vite trouver un pays voisin pour pouvoir se reposer avant que la nuit ne tombe et à notre allure on ne va pas y arriver. - Tu proposes quoi alors ? Stanley me demandait en se relevant doucement. - Vous vous restez là, Kurtis tu pourras protéger Stan en cas de danger et moi je continue vers le nord, je n'en aurais pas pour longtemps, je vous enverrai une flamme dans le ciel pour vous montrer ma position. - Ce n'est pas une mauvaise idée après tout, c'est vrai qu'on a besoin de trouver un endroit chaud pour ce soir. - T'es aussi bête qu'elle ou quoi toi aussi ? Non, tu ne pars pas toute seule ! Kurtis commençait à me crier dessus alors que j'avais presque convaincu Stan de me laisser partir. Il voulait avoir le beau rôle bien évidemment. - C'est plus une question maintenant, j'y vais un point c'est tout, si vous ne voyez aucune flamme se déployer en haut au bout d'une heure, retrouvez-moi. - Comme si on avait que ça à faire Z, t'es insupportable quand tu t'y mets, écoute ce que je te dis et reste avec nous au lieu de faire l'enfant capricieuse. Je roulais mes yeux avant de taper dans la main de Stan pour tourner le dos et courir à toute vitesse vers le nord, je pouvais encore entendre la voix de Kurtis me hurler dessus après quelques mètres mais je n'y faisais même plus attention. Je m'arrêtais un peu essoufflée après avoir couru jusqu'à ne plus en entendre la voix de mon coéquipier. J'étais assez loin d'eux et j'espérais arriver à me repérer facilement. ______________________________________________
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER