Les vaisseaux de guerre se déploient dans la mer du Nord, maintenant habilement leurs positions respectives. À un signal donné (le maître canonnier, montre en main, compte les secondes – à la sixième il lève les yeux) tous les canons partent à la fois, visant une même cible qui s’enflamme et vole en éclats. Avec une égale indifférence, une douzaine de jeunes gens, au printemps de la vie, descendent, le visage calme, dans les profondeurs de l’Océan ; et là, impassiblement, quoique en parfaite connaissance de cause, ils asphyxient ensemble, sans se plaindre. Comme des carrés de soldats de plomb, la troupe couvre le champ de blé, escalade le flanc de la colline, s’arrête, tournoie, s’éparpille, et s’aplatit sur le sol, sauf quelques débris qui s’agitent (on peut les voir à la lorgnette) et re


