Mes premières 24h

1459 Mots
Le matin, j’ai été réveillé par des voix, celles de mon oncle et de sa femme qui se chamaillaient tôt le matin… En regardant mon téléphone, il était 7 h 47. Je me suis redressé sur mon lit, j’ai bâillé et j’ai passé mes mains sur mon visage. Puis j’ai voulu descendre du lit, mais dès que mes pieds ont touché le sol, j’ai senti du sable. Bien sûr, je me suis demandé à ce moment-là comment j’avais pu ramener du sable à la maison et jusque dans ma chambre. Étaient-ce mes chaussures ? Je n’étais quand même pas ivre hier et j’en étais certain : mes chaussures étaient propres quand nous sommes rentrés hier. En plus, sur la plage, j'avais enlevé les chaussures pour sentir le sable sous la plante de mes pieds. Ce qui était étrange, c’était la direction prise par ces traces de sable : elles allaient vers la fenêtre, ou plutôt venaient de la fenêtre… Je n'avais pas tiré les rideaux avant de dormir. Je me lève pour suivre les traces de sable. J’arrive devant la fenêtre et je l’ouvre. Je me rends compte qu’au pied de la fenêtre à l’intérieur, ainsi que sur le cadre en verre coulissant, il y avait du sable. La quantité de sable m’a donné l’impression que quelqu’un était resté planté là un bon moment. De mes yeux, je suivais les traces qui commençaient au pied de la barrière jusqu’au bas de la fenêtre de ma chambre, au sol. Vous vous rappelez comment est cette barrière ? En plus du fait que ma chambre se trouve à l’étage… Mais même en suivant ces traces qui vont au-delà de la clôture, je me rends très vite compte d’où ça provient. Je n'avais pas besoin de me faire un dessin. Mes yeux tombent directement sur l’immense étendue bleue de l’océan. Vous savez déjà à quel point ces histoires ne m’intéressent aucunement. Donc, ce que je me mets en tête, c’est qu’il y a sûrement quelqu’un de la maison qui a voulu me faire une blague. Mais bon, ça ne m’a pas fait rire. Ce que j’ai donc fait à cet instant, comme pour montrer que la blague ne me plaisait pas, a été d’aller prendre un balai et de nettoyer ma chambre, sans toutefois me douter un seul petit instant de ce qui se passait réellement. D’ailleurs, en allant chercher le balai, ma tante m’a vue et elle n’a pas manqué de me demander : - TIFFANY : Tu vas où avec le balai le matin ? - DILANE : Bonjour… Euh… Je voulais nettoyer ma chambre. À part ma belle-tante qui m’avait vu avec le balai, je n’avais parlé à personne d’autre. Et puis, je n’osais même pas en parler à quiconque… Non seulement pour signifier à l’auteur de la plaisanterie qu’il ne devrait pas recommencer, mais aussi par souci d’éviter tout scandale, étant déjà bien embarrassé par la situation. Ainsi, j’ai décidé de laisser cet épisode derrière moi et de me concentrer sur autre chose. L’école avait déjà commencé ici, et je me devais de me préparer. Ce même jour, mon oncle m’a accompagné pour visiter mon futur établissement scolaire. Il se trouvait que c’était également là que Junior étudiait. Finalement, ma nouvelle école me plaisait beaucoup. - ONCLE : Alors, ici te s'il te plaît ? Sinon, on peut en visiter une autre, hein. - DILANE : Non, non, pas besoin. Ici, c'est très bien. En plus, Junior est aussi ici. J'allais entrer en terminale, mais le système scolaire en Angleterre étant différent de celui du Cameroun, je n'allais pas continuer dans la même série ici. Après avoir acheté mes cahiers, mes livres et tout ce dont j'aurais besoin pour l'école, nous sommes finalement rentrés à la maison. J'étais assis dehors en train de discuter avec mes amis de Londres via les réseaux sociaux lorsque Junior est arrivé. - JUNIOR : Yoooo ! Mon père vient de me dire que tu viens me rejoindre au collège ? - DILANE : Oui... C'est cela. - JUNIOR : Si tu avais choisi ma série, nous serions sûrement dans la même salle de classe. - DILANE : C'est déjà bien qu'on soit dans le même collège. C'est d'ailleurs ce qui a motivé mon choix. Imagine un peu qu’on veuille me chercher des noises dès mon premier jour !? On pourrait me casser la gueule. - JUNIOR : Ahahaha ! Où vas-tu chercher ça ? Et pourquoi voudrait-on te « casser la gueule » si tu n’as rien fait ? Hahaha ! - DILANE : On ne sait jamais ! - JUNIOR : Les choses comme ça arrivent pas… En tout cas, pas là où nous sommes inscrits. Et puis, tu n'auras qu'à te tenir à carreau si tu as si peur qu’on te tape… En même temps ! Hahahaha ! - DILANE : Oui, tu as raison. Sinon, ici, quelles sont les activités qui marchent le plus ? - JUNIOR : Ici, bon… Disons que tout ce qui réussit ici ou presque provient de l’eau ou est en rapport avec l’eau. Tu sais, c’est une ville ouverte à l’océan, alors par conséquent, elle attire beaucoup de touristes. - DILANE : Donc il n’y a pas autre chose ici à part l’océan ? - JUNIOR : Ça dépend. Mais tu m’as demandé tout ce qui marche bien ici. Sinon, il y a d’autres activités qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’eau, mais de loin… Je ne te garantis pas que ce ne soit pas le cas. - DILANE : D’accord, je vois. Mes parents me manquent. Je n’ai pas parlé à mon père depuis que je suis arrivé ici. Il n'est pas bien en ce moment à cause de ce qu'il traverse et j’ai laissé un message à ma mère qu’elle n’a même pas encore ouvert. J’espère qu’ils vont bien. - JUNIOR : Je te comprends… En quelque sorte. Mais tu sais, mon père m’a souvent parlé de son petit frère, ton père. Je sais de lui que c’est un homme très fort d’esprit avec un mental de battant. Tu devrais croire en lui. - DILANE : C’est comme du déjà entendu, ma mère m’a dit pareil. - JUNIOR : Tu vois, ce sont les deux personnes qui connaissent ton père mieux que lui-même. Tu devrais te fier à eux. - DILANE : Néanmoins, j’espère que cette année passera très vite pour que je puisse rentrer chez moi les retrouver. - JUNIOR : Tu pourrais changer d’avis d’ici aux vacances avec l’arrivée des touristes qui rendent souvent la ville plus animée qu’elle ne l’est déjà quand ils sont là, même s'il est vrai que leur présence n’a pas toujours que des côtés positifs. Mais c’est souvent agréable. Et on pourra sortir de temps en temps si tu veux ! - DILANE : Ça, c’est la meilleure des choses que tu viens de me sortir. Junior était vraiment quelqu’un d’exceptionnel avec une belle personnalité, et surtout très bienveillant. Je ne sais pas ce que je serais devenu si je ne l'avais pas trouvé quand j’étais arrivé dans cette maison. Ou plutôt, devrais-je dire dans cette ville, dans ce pays. Le reste de la journée, je la passe à la maison sans que rien ne perturbe ma tranquillité si ce n’était la gêne constante de ne pas avoir parlé à mon père depuis et le fait que ma mère n’ait pas encore répondu à mon message. Il est 20h passé quand mon oncle rentre. J’étais assis sur le fauteuil à la terrasse. - ONCLE : C’est comment Dilane ? Tu fais quoi dehors seul ? - DILANE : Je… Je voulais juste prendre un peu d’air. - ONCLE : Ah bon !? Donc l’air à l’intérieur est déjà fini ? - DILANE : Euh… Non… Ce n’est pas ce que… - ONCLE : ahahaha ! Je réalise avec son rire qu’il me faisait juste une blague. - ONCLE : En tout cas, ne reste pas trop tard dehors… Toi-même, tu as vu qu’on n’est pas très loin de l’eau salée là… - DILANE : D’accord tonton ! Puis il entra et 1h plus tard, moi aussi, j'entrais pour directement aller dans ma chambre. Et puisque je traversais le salon, je dis au passage : - DILANE : Bonne nuit tout le monde. J'ai reçu des réponses de tous sauf de ma belle-tante qui donnait plus d’attention à son téléphone. Couché de dos sur mon lit, parcourant mon tel, j’attendais toujours que ma mère me réponde, mais hélas, même le message, elle n’avait pas encore ouvert. - DILANE : Mais pourquoi ne me répond-elle pas ? (Soupir) Je place mon tél près de moi et je continue d’attendre jusqu’à ce que finalement le sommeil m’emporte.
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER