La journée me parut très longue, mais une fois la nuit tombée, j’attends que tout le monde soit déjà couché pour sortir discrètement de la maison avec le bijou que je serre très fort dans ma main : je me dirige vers la plage.
Pour être honnête, je ne savais pas vraiment si ce que je m’apprêtais à faire allait marcher. Tout ce que j’avais en tête était que si je voulais revoir Kaï-Lani, je devais le faire, ou du moins essayer.
Une fois au bord de la plage, je regarde l’océan un court moment puis j’avance jusqu’à ce que mes pieds soient submergés par l’eau. Je rapproche le bijou de ma bouche et je murmure : « Kaï-Lani… Je sais ce que tu as fait pour mon père. Je t’en prie, reviens. J'ai besoin de te parler » Au départ, j’ai voulu lancer le bijou dans l’océan, mais je retiens mon geste en me disant que si jamais elle ne revenait pas même après ça, je perdrais le bijou. Alors à la place, je le trempe dans l'océan et je répète encore : « Kaï-Lani reviens ! Je t’en prie. »
Ensuite, je recule et m’assieds sur la plage pour attendre. J’attends sur la plage pendant environ deux heures, avec, pour seul éclairage le bleu argenté de la lune. Mais même après ce que je venais de faire, toujours aucun signe de Kaï-Lani, même pas un mouvement de vague qui pourrait me faire croire qu’au moins, elle m’avait entendu. Je finis par me lasser.
Le cœur lourd de désespoir, je me lève.
- DILANE (intérieurement, en regardant l’océan) : Même après ça, elle n’est toujours pas venue.
Le bijou serré dans ma paume, je le contemple un moment, affligé par son absence. Puis, d’un geste brusque, je le lance aussi fort que je peux dans l’océan
A cet instant, je me disais que si elle ne souhaitait plus revenir, alors même qu’elle m’avait laissé son bijou, autant qu’elle le garde.
Me retournant, je pris le chemin du retour vers la maison.
Déjà plus d’une demi-heure s’était écoulée lorsque je décidai de rentrer. Mes pas déterminés vers la maison traduisaient assez ma déception. En ouvrant le portail, j’aperçus une silhouette passé derrière la maison. Pris par surprise, mon cœur s’emballa.
- DILANE (intérieurement) : Mais qui ça bien peut être à cette heure ? Un bandit ?
Sans même trop comprendre pourquoi, je me dirige de ce côté-là, déterminé à en avoir le cœur net. J’avance à pas feutrés jusqu’à atteindre le coin de la maison. Je m’y tapisse un moment, et j’ai l’impression d’entendre des murmures. Je tends l’oreille, essayant de discerner leurs paroles, mais c’est du charabia incompréhensible. J’ai même l’impression qu’ils ne parlent pas une langue humaine, tant leur conversation sonne étrange à mes oreilles. Alors que je m’apprête à jeter un coup d’œil pour identifier ces mystérieux personnages, un silence soudain s’abat, aussitôt je m'arrête aussi. Et puis :
- Tu fais quoi là ?
Mon cœur fait un bond terrifiant, menaçant de sortir de ma poitrine. Derrière moi, se tient ma belle-tante.
- TIFFANY : Tu t’effraies de quoi comme ça ? Je te demande ce que tu fais là.
Je respire fort et vite, encore sous le choc de sa soudaine apparition.
- DILANE : Je… Je… Je crois qu’il y a des gens là-bas.
- TIFFANY : Qui ça ?
Elle me dépasse pour aller voir.
- TIFFANY : Viens voir s’il y a quelqu’un ici.
Je guette aussi, mais personne. Je ne sais pas pourquoi, mais elle a l’air furieuse.
- DILANE : Ma tante, je t’assure que j’ai vu et entendu des gens en train de parler.
- TIFFANY : Tu vois donc qu’il y a qui ici ? Tu fais même quoi dehors à cette heure-là ?
- DILANE : Je… Je… Je n’arrivais pas à dormir… Alors, je suis sorti un peu pour prendre l’air et sentir la fraîcheur de la nuit et puis…
- TIFFANY : Euh ! Ne commence pas à me raconter toute ta vie… Vas-y dans ta chambre. Et n’en sors plus.
Sans rajouter le moindre mot, je me rends dans ma chambre.
Allongé sur mon lit, j’ai même oublié que j’avais été sur la plage pour revoir Kaï-Lani. Je suis plus intrigué par ce qui vient de se passer avec ma tante dehors. Je continue de me demander ce que j’ai bien pu voir. J’étais encore noyé dans cette pensée quand je sens un courant d’air traverser ma chambre. J’entends également ma porte se verrouiller, puis la fraîcheur qui commence peu à peu à se faire ressentir.
Couché sur le côté, je me retourne et la vois. Belle à l’infini… Sa grande queue étalée sur mes draps.
Kaï-Lani, était enfin de retour.