Larmes et désespoir : les pleurs de ma mère

851 Mots
Le soleil matinal filtrait à travers ma fenêtre, caressant mon visage endormi. Mais la douce lumière ne parvenait pas à dissiper les ombres du rêve qui hantait encore mes pensées. La douleur persistante dans mon bras et la présence du bijou de Kaï-Lani là où je m’en étais débarrassé après m’être réveillé étaient des rappels cinglants de la réalité. La nuit avait été agitée, ponctuée de cauchemars et de sueurs froides. La peur et l’incertitude s’emparaient de moi. Dans quel engrenage m’étais-je jeté en ramassant ce simple objet sur la plage ? Malgré la nuit difficile, je me suis levé le matin, feignant une nonchalance que je ne ressentais pas. La tête encore lourde de rêves oppressants, j’ai pris le chemin de l’école, l’esprit préoccupé. De retour à la maison, trois appels en absence de ma mère m’ont fait sursauter. Je l’ai aussitôt rappelée, le cœur battant à tout rompre. La conversation qui s'en est suivie, n’a fait qu’accentuer mon malaise. La situation de mon père en Angleterre ne cessait de se dégrader. J’ai songé à lui parler de mes propres tourments, mais j’ai compris que cela ne ferait qu’ajouter à son fardeau un poids de plus. Alors, j’ai enfoui mes secrets au fond de moi, m’efforçant de rassurer ma mère sur mon état. Je lui ai affirmé que tout allait bien, tentant de minimiser mes inquiétudes pour ne pas les accabler davantage. Mais au fond de moi, une tempête grondait, menaçant de me submerger. La semaine qui suivit fut ponctuée d’appels quotidiens de ma mère. Au fil des conversations, je percevais son épuisement face aux épreuves qu’elle traversait en Angleterre auprès de mon père. Mes paroles rassurantes constituaient son unique bouée de sauvetage, la seule chose qui la maintenait encore debout lui permettant de ne pas craquer et de ne pas sombrer dans l’angoisse. Comment lui avouer les événements qui me tourmentaient ? Lui dire la vérité me semblait inimaginable, risquant d’aggraver son état. Elle m'avait pourtant prévenu, et maintenant, ses avertissements se transformaient en réalité, me happant dans un tourbillon d’événements néfastes. Si seulement j’avais davantage pris ça au sérieux dès le départ. Il fallait absolument qu'elle me sache en sécurité ici et loin de tout stress. Le silence était mon seul refuge. Je n’avais pas trouvé la force de partager ni la rencontre avec Kaï-Lani, ni les souvenirs du rêve oppressant qui continuait de me hanter. Mon bras endolori n’avait pas échappé à l'attention des membres de ma famille, qui, inquiet de la douleur qui persistait dans mon bras, mon oncle ainsi que Dilane et même Marie-Louise et sa petite sœur Amanda, m’avaient questionné. À l’exception bien sûr de ma belle tante qui, comme vous le savez ne s’inquiétait que pour elle. Mais, qu’à cela ne tienne, je les avais tous rassuré en me retranchant derrière une banale explication, invoquant une simple mauvaise posture durant mon sommeil. Depuis sa venue nocturne et ses avertissements, Kaï-Lani s’était volatilisée, ses paroles menaçantes n’ont pas été suivies d’une nouvelle visite. Son absence soudaine alimentait mon incertitude et mes craintes. Un silence inquiétant grandissait. Huit jours s’étaient écoulés dans un silence pesant. Un mercredi après-midi, alors que je venais juste de rentrer des cours, la sonnerie de mon téléphone retentit, annonçant l’appel de ma mère. Un appel téléphonique bouleversant D’une voix tremblante, elle murmura : - MAMAN : Salut mon bébé. Inquiet, je questionnai : - DILANE : Bonjour mama, qu’est-ce qui ne va pas ? Tu pleures ? Hésitante, elle répondit : MAMAN : C’est… ton père. La panique s’emparant de moi, je demandai : - DILANE : Comment ça ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Où est-il ? Sa voix se brisa lorsqu’elle expliqua : - MAMAN : Des agents du gouvernement sont venus le chercher à la maison il y a quelques jours. Je n’ai plus aucune nouvelle de lui depuis… Je suis perdue, je ne sais plus quoi faire. - DILANE : (insistant) Comment ça, des agents du gouvernement ? Papa n’était quand même pas un espion, dis-moi ? Mais… Mais… Qu’est ce qui se passe à la fin mama ? Dis-moi. - MAMA : (en pleurs) Ton père est directeur financier d’une grosse entreprise, tu le sais déjà. Et il est impliqué dans une très grosse affaire de détournement et de blanchiment d’argent. - DILANE : (le ton incrédule) C’est impossible ! Papa est incapable de faire ça ! Je le connais, il est honnête et droit ! - MAMA : (sanglotant) Nous le savons tous les deux, mon chéri… Mais eux ne le savent pas. Je ne sais même pas les preuves qu’ils ont contre lui, ils ont juste débarqué, et l’ont amené. Il m’a dit de ne pas m’inquiéter, mais… J’ai peur de ne plus jamais le revoir. Ce soir-là, ma mère pleurait à chaudes larmes, si fort que certains de ses mots se perdaient dans le flot de ses sanglots. Quand la conversation prit fin, je m’assis sur mon lit, accablé. J’avais la nette impression que ma situation ici et celle de mes parents étaient inextricablement liées, comme les deux faces d’une même pièce.
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