Possession

1223 Mots
Je n’avais même pas voulu en parler aux autres. Je me disais que mon refus avait mis fin à cette histoire. Le lendemain, Junior est sorti comme à son habitude. Moi, j’avais refusé de l’accompagner, car, comme vous le savez, j’avais un examen en début de semaine. Je suis donc resté à la maison pour réviser. Après un moment, je me suis lassé de mes cahiers et je suis allé m’asseoir dehors, dans le petit salon installé sur la véranda. C’est là que mon oncle m’avait raconté l’histoire de mon père. J’étais assis là, à perdre le temps en prenant un peu d’air, attendant de reprendre mes cahiers, lorsque Marie-Louise est arrivée vers moi accompagnée de quelqu’un. Au départ, je ne fais pas attention à elle, jusqu’à ce qu’elle arrive à mon niveau et me dise : - MARIE-LOUISE : Dilane, elle te cherche ! Je lève les yeux pour la regarder et remarque qu’elle est accompagnée d’une fille. Plutôt jolie. Son visage me dit quelque chose, et mon esprit ne me trompe pas : il s’agit de ma camarade de classe. Je ne connais même pas son prénom, car nous ne nous sommes jamais adressés la parole, même pas un simple bonjour. Mais ma cousine l’a conduite à moi, et elle se tient derrière elle en me souriant. - Bonjour Dilane ! - DILANE : Euh… bonjour… - Comment vas-tu ? - DILANE : Ça va… et toi ? - Oh ! Je vais bien. Je vais même très bien. Elle vient s’asseoir près de moi. Puis, je lui demande avec un air étonné : - DILANE : On est dans la même classe, c’est ça ? Mais… je ne comprends pas pourquoi tu es là. Je peux faire quelque chose pour toi ? Elle ne répond pas. Elle me fixe juste dans les yeux. Un moment, je vois bien ses yeux scintiller puis prendre une autre couleur. Comment pourrais-je ignorer un tel regard envoûtant et magnifique ? Je reconnais là tout de suite, les yeux bleus de Kaï-Lani. Je suis tout de même largué et effrayé. Je me lève même brusquement et recule, mais au même moment, elle m’attrape par la main et me dit : - KAÏ-LANI : Comme le fait que je sois sous ma vraie forme te posait un problème, je suis venu de cette façon. Et tu as dit que si j’étais comme toi, tu pourrais reconsidérer le fait qu’on soit amis, alors voilà. - DILANE : Quoi ? Ce n’est pas une blague ? Kaï-Lani, c’est toi depuis tout ce temps ? - KAÏ-LANI : Euh... Non pas tout à fait... Je... - DILANE : Ça veut dire quoi pas tout à fait ? Mais comment tu fais pour te transformer ? p****n ! Cette histoire d’eau !! Comment tu fais pour être en classe et dans l’océan en même temps ? - KAÏ-LANI : Non Dilane... J'étais jusement sur le point de te le dire... Hihihi ! Tu m'as interrompu ! En fait, c’est moi, mais dans le corps de cette fille. Dans l’océan, je suis en train de dormir. J’ai pris possession de son corps afin de pouvoir passer du temps avec toi. De temps à autre aussi, tu me verras sous ma véritable forme, mais puisque tu as peur, j’ai réussi à prendre possession de son corps afin d’être avec toi. - DILANE : Donc tu veux me dire que tu es dans son corps ! Tu es à l’intérieur du corps de cette fille ! Mais et elle, où est-elle ? - KAÏ-LANI : Ne t’inquiète pas pour elle, son esprit est toujours là. Juste qu’il dort pendant que je commande son corps. Moi qui pensais être débarrassé et aussi au bout de mes surprises, j’étais encore plus scandalisé quand j’avais entendu ses paroles… Kaï-Lani était en train de posséder ma camarade de classe… Déjà, plus elle parlait, plus je reconnaissais la voix de Kaï-Lani, mêlée à celle de cette fille. - KAÏ-LANI : C’est sans crainte. Je saurai quand je dois la ramener chez elle et aussi quand je pourrai prendre possession de son corps pour venir te voir. - DILANE : What the f*ck !? C’est ce que j’ai dit, car j’étais dépassé ! S’il existe une chose au-dessus de la peur, c’est ce que je ressentais ce jour-là. - DILANE : Je ne sais pas ce que tu me veux, ni qui t’envoie, mais je ne suis certainement pas ici pour ce genre de choses. Je suis là pour permettre à mes parents de mieux se concentrer sur leurs problèmes et je ne sais pas pourquoi tu me persécutes. Je ne veux pas être ton ami. Laisse-moi tranquille. - KAÏ-LANI : Mais tu avais pourtant accepté ?! - DILANE : Quand ? Où ? Je ne t’ai jamais dit que je devais être ton ami. - KAÏ-LANI : Si, tu l’avais fait. Sur la plage… Tu avais accepté mon cadeau. Tu l’avais bien fait, je t’avais vue le prendre. - DILANE : Mais de quel cadeau tu parles ? - KAÏ-LANI : L'ornement de nageoire que tu avais trouvée sur la plage, au pied d’un cocotier ! - DILANE : Quoi ? Un ornement ? Je ne sais pas de quoi est-ce que tu parles. - KAÏ-LANI : Si, celui qui est dans la poche de ton vêtement. Puisque j’étais sur les nerfs et que je parlais sans cesse et sans réfléchir afin de me débarrasser d’elle, je n’avais pas compris de quoi elle essayait de me parler depuis jusqu’au moment où je réalise qu’en fait, j’avais bel et bien ramassé un bijou le soir où je rentrais avec Junior quand il était allé se soulager et que depuis que je l’avais mis dans mon pantalon, je ne l’avais plus ressorti. J’avais même oublié. - DILANE : Attends, le bracelet ? C’est toi qui avais déposé ce bijou là-bas ? - KAÏ-LANI : Oui, le bracelet comme tu dis, c’était moi et j’avais attendu que tu passes le prendre, mais tu étais avec Junior, je ne pouvais pas sortir te voir quand tu l’avais pris. - DILANE : Mais comment ? Pourquoi ? - KAÏ-LANI : D’où je viens, c’est comme ça qu’on propose une relation de toute nature à un étranger. Et une fois qu’il le ramasse et le garde soigneusement alors ça veut dire qu’il a accepté notre proposition. - DILANE : Ah non ! Ça ne se peut pas. Je ne savais pas ça ! Attends, je viens te remettre ton ornement pour ta nageoire. Sans rien attendre d’autre, je me suis levé et je suis allé dans ma chambre. Je ne me rappelais plus très bien du pantalon que j’avais ce soir-là, alors j’ai fouillé tous mes pantalons sans rien trouver. Largué, je ne comprenais comment il avait pu disparaitre. Alors, je retourne toute mon armoire. Je fouille même dans des habits que je n’ai pas encore portés, mais toujours rien. Je m’assois sur mon lit pour essayer de réfléchir où est-ce que j’avais bien pu le mettre quand un truc brillant attire mon attention posée sur mon chevet : c’est le bijou. Bien-sûr, je me demande comment il est arrivé là, mais en même temps, je le ramasse aussi. Je ressors aussitôt pour le lui remettre, mais quand j’arrive dehors, elle n’est plus là.
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