I - Le jour de ma femme

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I Le jour de ma femmeMidi. Le Marais déjeune. Aux lourdes vibrations des angelus de Saint-Paul, de Saint-Gervais, de Saint-Denis du Saint-Sacrement, se mêle, montant des cours, le tintement grêle des cloches de fabrique. Chacun de ces carillons a sa physionomie bien distincte. Il en est de tristes et de gais, d’alertes et d’endormis. Il y a des cloches riches, heureuses, tintant pour des centaines d’ouvriers ; des cloches pauvres, timides, qui semblent se cacher derrière les autres et se faire toutes petites, comme si elles avaient peur que la faillite les entende. Et puis les menteuses, les effrontées, celles qui sonnent pour le dehors, pour la rue, pour faire croire qu’on est une maison considérable et qu’on occupe beaucoup de monde. Dieu merci, la cloche de l’usine Fromont n’est pas

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