XVIII La tue-cochonIl est à peine sept heures en ce matin d’hiver et le jour n’est pas encore levé sur le Vexin bossu. Les monticules qui ont donné leur nom à cette partie de la Normandie ont blanchi pendant la nuit tout comme les champs, les haies et les chemins. Sur les talus, les herbes folles et les chardons penchent la tête sous le poids du givre qui les recouvre. Les étoiles qui commencent à pâlir sont peu à peu remplacées par les feux s’allumant derrière les fenêtres des maisons. La lune, décroissante et un peu pâlotte, est posée sur un bouquet d’arbres entre deux champs. Autour du village, le silence de la grande plaine bosselée n’est troublé que par le crissement du pas des deux femmes qui viennent de passer devant l’église et qui s’engagent dans la rue Corblin. Le chemin est en


