Chapitre 13

2115 Mots

Chapitre 13 Sur la laisse de haute mer, un vieil homme aux cheveux blancs passait au goudron un canot à fond plat qui n’était plus de première jeunesse. Pour rendre ce vernis épais plus facile à étaler, il le faisait chauffer dans une boîte de conserve posée sur deux pierres entre lesquelles rougeoyait un feu de bois flotté. Je m’arrêtai à quelques pas de lui, humant avec bonheur les effluves du coaltar mêlés aux senteurs âcres de la vasière à marée basse et de la fumée émise par cet âtre improvisé. On a les madeleines qu’on peut. Il n’avait pas fallu plus d’une bouffée pour que mon enfance ressurgisse d’un seul coup L’homme s’arrêta le pinceau en l’air, me considéra et demanda: — Ça pue, n’est-ce pas? — Ça pue? m’exclamai-je, il n’y a pas deux odeurs que j’aime comme celle-là! Il me

Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER