Chapitre 7L’hiver fut âpre. Les plus vieux habitants de Tavrac n’avaient jamais connu de froid aussi vif ; pas même dans les témoignages qu’ils tenaient de leurs propres parents et dont ils pouvaient réciter des pans entiers par cœur, n’était évoqué un hiver aussi rude. Sous les arbres raidis par le givre, il n’était pas rare de trouver des oiseaux ou des écureuils gelés, et plus d’un jeune garçon de Tirap put achever avec son couteau de poche un renard épuisé, si maigre qu’il ne fournissait guère qu’un repas pour quelques chiens, tandis que la fourrure était réservée pour garnir les berceaux. Quelques semaines après leur retour, les Fidèles se résolurent à économiser le bois de chauffage, redoutant que la fonte des neiges ne soit exceptionnellement tardive. À mesure que les réserves de f


