Beatrice avait eu une vie incolore, invisible, depuis l'école primaire, le collège, le lycée et l'université elle s'était toujours arrangées pour être la discrétion même, toujours vêtue de vêtements passe-partout, de préférence de couleurs ternes, s'arrangeant pour être toujours dans un coin, sans réelle relation avec les autres. Elle avait compensé cette "inexistence" par le fait d'être particulièrement brillante intellectuellement; et puis alors qu'elle préparait sa thèse de doctorat à la faculté de lettres d'Aix en Provence, ce conflit familial qui avait fait qu'à presque vingt ans elle se retrouvait dans un "foyer pour femmes isolées en difficulté", et là ce fut le vrai choc, elle se retrouvait avec des femmes de tous âges et de toutes conditions qui avaient vécu des vies de droguées,


