« Ne riez pas, ma tante, dit Argiria d’une voix étouffée. Vous ne savez pas ce que vous avez fait ! Je suis presque sûre d’avoir reconnu ce dernier des hommes, cet assassin de mon frère, Orio Soranzo ! – Il n’aurait pas cette audace ! s’écria la signora Memmo en frémissant à son tour. Courez chercher le bouquet, s’écria-t-elle en s’adressant à la suivante favorite qui assistait à cette scène. Dites qu’on l’a laissé tomber par mégarde, que c’est vous… que c’est le page… qui l’a jeté pour faire une espièglerie… que je suis fort courroucée contre vous… Allez, Pascalina… courez… » Pascalina courut, mais ce fut en vain ; musiciens, amoureux et bouquet, tout avait disparu, et l’ombre incertaine des colonnades, projetée par la lune, jouait seule sur le pavé au gré des nuages capricieux. Pascal


