XIIILES MOIS suivirent les mois. Le ciel tourna, au-dessus de la gravière de Campan. Pas une minute, le plaisir du travail ne devait se démentir. Pour un peu, Riquet eût couché là, sur place. Quand il arrivait, chaque matin, et qu’il voyait parfois une mince coulée, un éboulement de graviers, qui s’était produit durant la nuit, il était jaloux de n’avoir pas été là, de n’avoir pu entendre ce bruit frais du gravier contre du gravier, bruit joyeux, bruit d’un monde joueur, batifole ment de la pierre primitive, savoureux bruit plus liquide que la chanson de l’eau. Le maître de la gravière s’appelait Jacques Chevanne, et quand il avait vu Riquet l’attendre, ce premier jour, il s’était montré froid, distant, comme endormi. Il avait horreur des nouveaux visages : — Vois-tu, je fais tout l’ouv


