XVIÀ midi, Henri Froment s’était approché d’une ferme, sans quitter le couvert des arbres. « N’oublie pas que n’importe qui, sans crier gare, peut t’envoyer une balle dans la peau. Et ne te faire des sommations qu’ensuite. » Il attendit qu’on donnât les nouvelles à la radio. Des poules derrière un grillage pleuraient le long ennui : « Si je savais comment faire, sans trop de risques… je sifflerais un œuf ou deux bien volontiers. » Même, à force d’avoir l’estomac vide, il évoqua de manger peut-être la pâtée de maïs et de son. La faim le rongeait. Par moments aussi, la colique le déprimait. Il avait les reins lourds comme des pierres. La radio joua des marches militaires. Il semblait que tout irait bien, mais il s’aperçut que c’est une chose d’entendre de bonnes grosses fanfares et une


