C'était la toute première fois que j'embrassais une femme donc j'étais un peu maladroit au début je sais que Astel l'a comprise car je l'ai senti sourire à travers mes lèvres avant de poser ses mains sur mes joues pour me diriger petit à petit jusqu'à ce que je maîtrise les commandes.
Je n'avais jamais ressentit des choses pareilles mais c'est quand elle descendit sa main sur mon pantalon que mes idées me revinrent et là j'arrêtais tout avant de l'a bousculer légèrement pour me mettre sur pieds, elle resta cloîtrée un moment aussi ensuite elle se leva à son tour pour me faire face.
-Je...suis....désolé. Balbutuais je un peu gêné.
-Allez destresse ! C'est pas grave ! Me sourit elle en prenant ma main pour la caresser.
-......
-Vas y assis toi, je vais mettre la table ! Me dit elle sans attendre ma réponse.
Je m'installais nerveusement en me demandant pourquoi j'avais fait ça et le pire dans tout ça c'est que je n'avais même pas l'impression d'avoir fait une erreur, je ne regrettais pas du tout de l'avoir fait pour moi ce que je venais de faire c'était normale pourtant je n'ai jamais eu cette mentalité.
-Ça te tourmente autant de m'avoir m'embrasser ! Je suis aussi mal que ça Karim ? Demande t'elle une fois devant moi.
-Non..je..tu...bref laisse tomber.
-Ça va aller ! D'accord ?
-Ouais.
-Viens, on va manger ! Répond t'elle en me tirant à la salle à manger.
Comme d'habitude j'avais droit à une multitude de mets. Cette femme m'étonnera toujours.
-Ça te dirais de me parler de toi ! Tu as toujours été réticent. Il serait peut-être tant qu'on fasse un peu connaissance non. Dit elle pour briser le silence en buvant dans son jus de fruit.
-Qu'est-ce que tu veux savoir de moi ?
-Tout ce que je pourrais savoir.
-Et si tu commençais ?
-D'accord. Je m'appelle Astel Diop, j'ai 27 ans, je vis seule pour être plus proche de l'Université et de mon école de formation tandis que mes parents vivent à Saint-Louis et je suis fille unique voilà ! Déballe t'elle facilement.
Quoi ? Elle a 10 ans de plus que moi ? Franchement c'est mort entre vous. Me dit ma conscience.
-Je m'appelle Karim Aidara, j'ai 17 ans, je....
Elle éclate de rire en plein milieu de ma phrase.
-Tu as 17 ans ? N'importe quoi. Sois un peu plus sérieux. Regarde toi un peu, pffff 17 ans ? La blague du siècle.
-Ai-je l'air de rigoler ?
-Non.
-Merci. Je disais que j'ai 17 ans, je vis dans la baraque juste à côté, je suis un simple ''Talibé'' et je n'ai plus aucune nouvelle de mes parents. Tu as du te douter par la même occasion qu'une personne comme moi n'a pas grand chose à raconter.
-Waouw ! Dit elle simplement.
-Tu comprends maintenant pourquoi ça me tourmente autant de t'avoir embrasser ?
-Non je ne comprends pas. Même si on est de deux mondes différents, je m'en fiche pas mal. C'est pas ce qui compte pour moi.
-Je m'attendais du contraire. Rétorquais je indifféremment.
Un silence un peu gênant s'installa donc on se mit à manger ou simplement à jouer avec notre nourriture.
-Je .. je crois que je vais rentrer. Déclarais je.
-Je vais aller en voyage !
À l'entente de cette phrase, mon coeur se mit à accélérer.
-Quand ?
-Cette nuit à 23 heures.
-Où ?
-En France.
-C'est loin.
-Oui.
-Combien de temps ?
-2 ans.
-C'est pour longtemps.
-Je sais.
-Pourquoi ?
-Conclure mes derniers formalités afin d'obtenir un métier dans l'un des meilleurs hôpitaux.
-Ah...c'est... bien... pour..pour toi ! Souris je faussement.
-Pourquoi est-ce tu veux faire semblant de ce qui n'est pas Karim ? T'en as pas marre de jouer au jeu du chat et de la souris ? Demande t'elle avec un air las.
-Je ne sais pas de quoi tu parles.
-Tu ressens des choses, qu'est-ce qui t'empêche de venir vers moi. Pourquoi tu restes autant sur la défensive ?
-Tu ne sais pas ce que tu dis.
-Tu m'as embrassé Karim alors s'il te plaît ne me dis pas que c'était juste pour rire car je suis loin d'être idiote ! S'énerve t'elle.
-Et tu as répondu à mon b****r. Répondis je du tic au tac en la pointant du doigt.
-Je le nie pas.
-......
-Entre nous c'est pas moi qui fuit ce que je ressens.
-....
-Tu fais semblant de ne rien voir mais tu sais que j'ai des sentiments pour toi, tu le sais. Je renvoie tous les hommes parce que c'est toi que j'ai dans le coeur Karim. Quand je me suis mise presqu'à nue devant toi et que tu ne m'as pas touché, ce jour là oui je suis tombé amoureuse de toi. Pourquoi ? Parce que t'es le premier à ne pas succomber devant moi, c'est là que j'ai compris que c'était toi qu'il me fallait. Je ne veux plus jouer à la bonne copine avec toi, j'en ai marre parce tout simplement je t'aime.
-.....
-Si tu n'as rien à me dire, va t'en ! Dit elle.
-Tu es sérieuse ?
-Oui je suis sérieuse, je n'ai pas besoin d'un ami ni d'un gardien qui ne me montre ce qu'il ressent. Va t'en ! Sors de chez moi ! Cria t'elle presque.
En un hochement de tête, je me levais pour m'en aller mais je me résignais au dernier moment pour revenir vers elle et ça m'a choquée de la voir verser quelques larmes.
-Tu...tu...sais ça m'a vraiment plu de..... de....te voir attaché tes mèches blondes en chignons. Dis je en me grattant la nuque.
-C'est le prétexte le plus nul que j'ai entendu de toute ma vie. Rigole t'elle en séchant ses larmes.
-Non je t'assure, ça te va super bien ..de...de...tu sais... d'attacher tes mèches. C'est.... c'est super jolie.
-C'est aussi difficile de....
-Je t'aime !
-Quoi ? Demande t'elle souriante.
-J'ai dit que je t'aime mais le problème c'est que tu as 10 ans de plus que moi Astel.
-10ans c'est quand même beaucoup mais physiquement qui peut deviner que je suis plus âgée que toi. Je fais moins que mon âge et toi t'en fait plus que le tien. De plus je m'en fou complètement.
-Puis-je passer la soirée avec toi ? Demandais je satisfaite de la réponse qu'elle m'a donné.
-Qui êtes vous et qu'avez-vous fait de Karim Aidara ? Rigole t'elle.
-Profiter avant qu'il ne soit de retour ! Dis je cette fois ci en lui tendant la main.
-Je rêve ? Sourit elle en la saisissant.
Je ne lui répond pas et ensemble nous allons nous poser sous la pergola.
-Est-ce que je peux t'embrasser ? Me dit elle en s'asseyant sur mes genoux.
-Descend..toute...de suite...de....
Elle me coupa la parole pour m'embrasser et évidement que je répondis à son b****r.
-Quoi ?
-On ne peut pas faire ça.
-Pourquoi ?
-Parce que c'est pas bon, on est pas marié.
-Dans ce cas épouse moi !
-Quoi ?
-Sois tu me jures de m'épouser soit....
Elle ne termine pas sa phrase et s'en va quelques instants pour revenir avec un peignoir en fermant à clé le salon puis elle se met devant moi.
-Qu'est-ce que tu fais ?
-Ecoute Karim, tu es un homme alors tu dois être beaucoup.... plus.. plus entreprenant tu vois ce que je veux dire.
-Non.
-D'accord. Laisse moi te montrer alors. Sourit elle en faisant glisser son peignoir qui atterit sur le sol, son corps habillé de lingette simple mais qui lui va à merveille. Si tu ne veux pas commettre l'irréparable alors tu n'auras qu'à m'arrêter et jurer par Allah que tu m'epouseras une fois que je serais de retour.
-Ce n'est pas l'envie qui me manque mais je n'ai pas les moyens !
-Tu l'auras voulu. Hausse t'elle les épaules avec un clin d'œil.
Elle s'approche de moi et se mit à m'embrasser, en un temps record je la retournais.
-Arrête s'il te plaît ! Dis je en reprenant à nouveau mes esprits.
-Excuse moi mon amour mais en ce moment c'est toi qui est sur moi et qui a prit le contrôle d'ailleurs. Alors entre nous c'est toi qui dois arrêter et non pas moi. Sourit elle satisfaite.
-Mais qu'a tu fais de moi Astel ! Demandais je en me levant sur elle.
-Hum....
-Tu sais quoi ? Je t'épouserais par n'importe quel moyen mais je le ferais. Sache que désormais tu es à moi, tu m'entends ? Tu es à moi ! Redemandais je en la tirant.
-D'accord. D'accord. Si c'est demander aussi gentiment alors j'accepte ta demande mon amour. Cependant jure le moi.
-Je te le jure par Allah SWT !
-Je te crois. Dit elle en partant.
-Où est-ce que tu vas ?
-Je vais m'habiller ou t'aimerais que je reste comme ça.
-Non. Non. Bien sûr que non. Va te changer !
C'est fini ! Astel m'a vraiment transformer mais étant donné qu'elle va être ma femme In Sha Allah, c'est déjà ça.
Pendant le reste de la soirée, on s'est mis à discuter de tout et de rien, elle m'a parlé de ses parents et de comment ils vont m'aimer. D'après elle, ses parents sont très croyants alors ils ne me jugeront pas si j'ai de bonnes intentions vis à vis d'elle. D'ailleurs même, j'ai parlé à ses parents au téléphone et si je n'avais pas arrêter Astel, elle aurait mit le mariage ce soir même.
-Bon bah je dois y aller étant donné que l'aéroport se trouve très loin maintenant !
-Tu ne me feras plus faire des choses haram ! Ironisais je.
-T'es pas crédible. Avoue que t'aimes quand je te fais faire des choses haram. Dit elle en posant sa main sur la braguette de mon pantalon.
-Ar..rêtes.
-J'entends pas ? Demande t'elle en l'ouvrant cette fois ci.
-Tu sais quoi Astel, il faut que tu partes au plus vite en France et que tu reviennes aussi vite. In Sha Allah tu regretteras de m'avoir chauffé autant tu verras. Parlais je en me levant après avoir fermer ma braguette.
-On vient à peine de faire connaissance, tu vas me manquer !
-Moi aussi tu vas me manquer.
-Mais attends comment on fera pour s'entendre, tu n'as même pas de téléphone toi.
-J'en sais rien !
-Tiens je te donne celle ci vu que j'en ai 2.
-Non.... je...
-Allez, prends le. Je te l'offre.
-Et quand on t'appelera ?
-C'est un tout nouveau carte sim. Il y a pas de chance que quelqu'un t'appelle pour demander après moi.
-Ok bon au revoir ! Dis je en lui faisant un long câlin.
-Au revoir mon chéri.
-T'es sérieux tu pleures ?
-C'est toi qui n'a assez profiter de ma présence tant qu'il était encore tant. Maintenant je vais devoir me séparer de toi !
-Je suis désolé pour tout ça !
C'est avec le coeur brisé de ne plus la voir pendant si longtemps que je retournais chez moi avec le moral bas.
À mon arrivé, je retrouvais le maître coranique avec le visage triste qui avait l'air de m'attendre.
-Bonsoir maître.
-Aidara c'est justement toi que j'attendais.
-Est-ce que ça va ?
-Non. J'ai une mauvaise nouvelle pour toi.
-Dis moi ce qu'il se passe !
-En fait j'ai reçu de chez moi au fouta, 2 enfants pour l'apprentissage du coran. C'était un truc imprévisible.
-Et ?
-Et tu vas devoir partir de la baraque parce qu'il n'y auras plus assez de place !
-Partir là maintenant ? Je veux dire il fait nuit et en plus j'avais prévu de m'en aller dans une semaine mais qu'est-ce que je vais faire ?
-Désolé d'être aussi direct. Mais tu vas encore devoir redevenir un enfant de la rue.
-Et mes parents ?
-Ils....ils...ont décidés de ne pas renouer un lien avec toi.
-Quoi ? Mais quand est-ce qu'ils ont dit ça ?
-Quand tu es venu ici, alors je te demanderais s'il te plaît de ne pas chercher à les connaitre.
-C'est pas possible tout ça !
-Je suis vraiment désolé.
-Mais je...je...peux dormir dans la cour ou juste devant la porte moi ça me dérange pas....ou....
-Non non il y a des caméras partout, je ne peux pas prendre ce risque. Il faut que tu partes et maintenant parce Lamine va de nouveau passer ici pour voir dans quels conditions nous sommes.
-D'accord je vais prendre mes bagages et je partirais dans ce cas.
-En fait tu vas devoir aller sans rien de tout ça, tes affaires je leur ai donner. J'espère que tu ne vas pas m'en vouloir, il s'agit des enfants de ma petite soeur.
-......
-Au revoir et Qu'Allah SWT te protège mon fils. Dit il tristement avant de refermer la porte derrière lui..
Moi qui n'avait déjà pas grand chose me voilà maintenant au plus bas. Je vais une nouvelle fois de plus herrer dans les rues de Dakar et surement répondre à nouveau au nom de ''Talibé''.