La jeune fille ne put s’empêcher de remercier d’un joli sourire et d’une gracieuse inclinaison de tête l’attention polie d’Andrès. Ce sourire fut saisi au vol par Juancho ; ses lèvres pâlirent, son teint verdit, les orbites de ses yeux s’empourprèrent, sa main se contracta sur le manche de la muleta, et la pointe de son épée, qu’il tenait basse, creusa convulsivement trois ou quatre trous dans le sable. Le taureau n’étant plus dominé par l’œillade fascinatrice, se rapprocha de son adversaire sans que celui-ci songeât à se mettre en garde. L’intervalle qui séparait la bête de l’homme diminuait affreusement. – En voilà un gaillard qui ne s’alarme pas ! dirent quelques-uns plus robustes aux émotions. – Juancho, prends garde, disaient les autres plus humaines : Juancho de ma vie, Juancho de


