LXVIIIÀ minuit, le 20 juin, commençait dans l’atelier de Coriolis ce bal qui devait devenir historique et laisser dans les légendes de l’art une mémoire encore vivante. Entre les quatre murs rayonnant de lumière, on eût cru voir se presser un peu de toutes les nations et de tous les siècles. L’histoire et l’espace semblaient ramassés là. L’univers s’y coudoyait. C’était comme une évocation où le peuple d’un musée, descendu de ses cadres, se cognait au Carnaval. Les étoffes, les modes, les dessins, les lignes, les souvenirs, les pays, tout se mêlait dans le tohubohu étourdissant des couleurs. Il y avait des échantillons de toutes les civilisations, des morceaux de toute la terre, et des robes volées à des statues. Les costumes allaient d’un pôle à l’autre, et de Jupiter à un garde national


