XXIII– Garçon !… des huîtres… des grandes… comme votre berceau ! Allez ! C’était Anatole qui lançait sa commande, installé dans la grande salle du restaurant Philippe, à une table en face la porte d’entrée. Ce jour-là le jour de la mi-carême, l’idée d’aller au bal de l’Opéra s’était emparée de lui. Il avait réuni un gilet de flanelle, une paire d’ailes, un maillot, un carquois, et avec cela il s’était déguisé en Amour. Une seule chose l’embarrassait : sa barbe noire. Ne voulant pas la couper, il se résolut à lui donner un accompagnement qui ôtât le manque d’harmonie à son costume : il attacha sur son gilet de flanelle, au creux de l’estomac, un peu de crin qu’il prit dans son matelas. Ainsi habillé, des besicles noires peintes autour des yeux, un ruban bleu de ciel dans les cheveux, des


