Lorsque Gilberte aperçut Henriette, elle poussa un cri de joie. – Ah ! que je suis heureuse de te voir !… il me semble qu’il y a si longtemps, et l’on vieillit si vite, au milieu de ces vilaines histoires ! Elle l’avait entraînée dans sa chambre, elle la fit asseoir sur la chaise longue, se serra contre elle. – Voyons, tu vas déjeuner avec nous… Mais, auparavant, causons. Tu dois avoir tant de choses à me dire !… Je sais que tu es sans nouvelles de ton frère. Hein ? ce pauvre Maurice, comme je le plains, dans ce Paris sans gaz, sans bois, sans pain peut-être !… Et ce garçon que tu soignes, l’ami de ton frère ? Tu vois qu’on m’a déjà fait des bavardages… Est-ce que c’est pour lui que tu viens ? Henriette tardait à répondre, prise d’un grand trouble intérieur. N’était-ce pas, au fond, po


