Chapitre 5

1097 Mots
Chapitre 5 Putain, c'est incroyable. C'est mon premier jour à mon nouveau travail, et le lundi est toujours aussi merdique. J'ai quinze minutes de retard. Et oui, un nouveau travail. Juste vendredi... quand j'ai quitté le bureau, je travaillais pour Lorraine Cummings, une avocate féroce comme un bulldog qui a fait de ma vie un enfer. Elle exigeait des semaines de travail de pas moins de quatre-vingts heures, et elle aimait à penser que j'étais son punching-ball verbal personnel. Elle exigeait, ne disait jamais merci, et me criait dessus cinquante pour cent du temps où j'étais dans son entourage proche. Lorsque j'ai traîné mon c*l fatigué au bureau le dimanche matin, après son appel, elle m'a informé que le cabinet d'avocats de Lorraine Cummings a été "acquis" par le cabinet Connover and Crown, LLP et qu'à partir du lendemain, je devais me présenter au travail dans leurs bureaux de la 56e West. J'ai adoré sa façon de dire le mot "acquis", comme si elle était une sorte de conglomérat mûr pour la cueillette. À vrai dire, je savais que Lorraine avait du mal à payer les factures depuis des mois parce qu'il me manquait un ou deux salaires. Elle me promettait toujours de les rattraper, mais jusqu'à présent, je n'en avais pas vu un centime. J'avais pensé... non pas rêvé, à trouver un autre emploi, et j'avais même tâter le terrain. Mais ce domaine est difficile, et il y a une surabondance de nouveaux avocats au teint frais qui se battent tous pour le même misérable emploi au bas de l'échelle. À moins d'être diplômé en étant major de promotion, vous étiez sur un aller simple pour probablement nulle part. Et malheureusement, j'étais en tête du dernier tiers de ma classe. Lorraine m'a assuré que j'avais un emploi chez Connover and Crown, essentiellement grâce aux nombreuses supplications qu'elle a faites en mon nom, et qu'elle et moi allions nous lancer dans une nouvelle et glorieuse aventure ensemble. J'ai dû mordre ma langue fort pour ne pas rire de ça. Vous voyez, je n'étais peut-être pas une étoile brillante dans ma classe à l'école de droit, mais je n'étais pas stupide non plus. Je vais chez Connover et Crown non pas parce que Lorraine a dû supplier en mon nom, mais plutôt parce que j'ai une affaire. Non, pas juste une affaire... une p****n d'affaire immensément importante. Une affaire qui vaut des millions, avec un client qui pense que le soleil se lève et se couche sur moi. Lorraine ne peut pas me jeter sur le trottoir parce que l'affaire me suivrait, et franchement... je parie que cette affaire est la raison pour laquelle je suis employée chez Connover et Crown. Je suis reconnaissante d'avoir un travail, et je verrai comment tout cela va se dérouler. Mais pour l'instant, je suis extrêmement en retard parce que j'ai appuyé sur le bouton "snooze" cinq fois de suite ce matin. Après mon rendez-vous avec Lorraine, je suis rentrée à l'appartement et me suis glissée dans mon lit pour dormir le reste de la journée et la nuit. Ce matin, j'ai à peine eu le temps d'enrouler mes cheveux mouillés dans un chignon sévère et de chercher sur Google l'itinéraire vers mon nouveau lieu de travail. Dès que l'ascenseur s'ouvre au vingt-et-unième étage, je cours presque dans le hall, et mes talons s'arrêtent brutalement devant la réceptionniste. La princesse de glace blond platine derrière le bureau en acajou me jette un regard arrogant et me dit : — Votre chemisier est mal boutonné. En baissant les yeux, je dis : — Oh m***e. Et je remets mon chemisier à la hâte, heureuse qu'il n'y ait personne d'autre dans le hall. Quand je suis présentable, elle dit : — Vous devez être McKayla Dawson. La réunion a déjà commencé. M. Connover ne va pas être content que vous soyez en retard. C'est un perfectionniste quand il s'agit de ce genre de choses. Comme pour souligner son message, elle fait claquer son chewing-gum dans sa bouche et allonge ses lèvres dans une grimace dédaigneuse. Je n'ai pas le temps pour ces conneries, je suis déjà énervée d'être en retard, et c'est entièrement de ma faute. Alors, bien sûr, je m'en prends à elle. — Écoute, Blondie. Je ne suis pas du genre à me laisser emmerder par qui que ce soit, surtout pas par une réceptionniste malpolie et mâcheuse de chewing-gum. Fais attention à ne pas me contrarier. Les yeux de Blondie s'écarquillent et s'humidifient, un voile de larmes qui s'accumulent. Oh, p****n. Je l'ai fait pleurer, et maintenant je me sens comme une m***e. Cette journée ne pouvait pas être pire. — Écoute... je suis désolée , lui dis-je sincèrement. Je n'ai jamais été capable de me montrer impolie et méchante auparavant. — Je passe une mauvaise matinée, et je m'en suis pris à toi. Je suis vraiment, vraiment désolée. Je m'attends à ce qu'elle chasse les larmes et ricane de mes regrets, mais au lieu de cela, elle me fait un petit sourire. — Non, je suis désolée. J'ai été impolie et... je n'ai même pas d'excuse. Vous m'avez rappelé à l'ordre. C'est bien. Je lève la tête vers elle en signe de curiosité et je lui tends la main. — Comment tu t'appelles ? Tu sais déjà que je m'appelle McKayla, mais mes amis m'appellent Mac. Elle me serre la main et dit : — Je suis Bea. Dépêchez-vous de descendre ce couloir et prenez la troisième porte à droite. Dites à M. Connover que le métro a eu du retard, et tout ira bien. En lui faisant un sourire, je me dirige vers le hall. — Merci, lui lancé-je après coup. Elle me fait un signe de la main. Lorsque j'arrive à la porte qu'elle m'a indiquée, je passe la lanière de ma sacoche sur mon épaule et je lisse ma jupe. Prenant une profonde inspiration, je frappe légèrement et j'ouvre la porte de la salle de conférence. Mes yeux se fixent immédiatement sur ceux de Lorraine, qui est assise d'un côté de la longue table ovale. Elle me lance un regard furieux en raison de mon retard. — Je suis désolée d'être en retard, m'excusé-je. Je... le métro avait du retard ce matin. Ça semble toujours arriver le lundi. La colère de Lorraine ne faiblit pas et c'est d'un ton sec qu'elle dit : — Alors je te suggère de partir plus tôt le lundi. McKayla... voici ton nouveau patron, Matthew Connover. N'ayant pas besoin de subir une seconde de plus le regard vicieux de Lorraine, je lève les yeux vers l'homme assis au bout de la table. Des cheveux bruns... des yeux dorés... des lèvres sensuelles qui délivrent des orgasmes à leur contact, maintenant fixées dans une grimace de surprise sur son visage. Putain de m***e ! C'est Numéro 134.
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