Je suis surprise de voir la quantité de personnes qui s’arrête pour prendre un café à emporter à la Trattoria. Certains vieux habitués me saluent d’un signe de tête. Puis, une fois qu’ils prennent vraiment le temps de m’observer, leurs expressions se font plus amicales. Je les reconnais tous, des hommes de main aux maîtresses du passé. Mais surtout d’anciens capos, rescapés miraculeux d’une époque bien plus sombre de celle que nous vivons. Je me contente de les servir et un silence confortable s’installe. C’est comme si un accord tacite était passé entre chaque personne présente dans la salle. Personne ne pose de question. Personne n’est dérangé sauf pour passer commande ou régler sa note. C’est incroyable de se dire qu’une bonne partie des anciens membres de la Cosa Nostra se retro


