63. Rouen, vendredi 11 h 36

1954 Mots

63 Rouen, vendredi 11 h 36 – IL SE SAVAIT CONDAMNÉ. Il n’avait plus que quelques mois à vivre. Son docteur lui avait dit, il y a près de trois ans. Trois années passées à ressasser sa vie, son œuvre, ses joies, ses défaites, ses erreurs. Un poids très lourd à porter. Trop lourd. L’envie soudaine de se dire que l’on a perdu autant de temps avec des futilités, et que l’on prend conscience de la vie quand on est près de la perdre. D’abord, il y eut la révolte. Pourquoi le sort s’acharnait-il sur lui, alors qu’il était à l’apogée de sa réussite ! À cinquante ans, il avait tout. Argent, gloire, pouvoir, femmes. Il était le meilleur ! Alors pourquoi lui ? Pourquoi pas ces millions d’anonymes sans ambitions, sans travail, des mauviettes qui méritaient à peine le droit de vivre. Il consulta les

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