24 Mont-Saint-Aignan, vendredi 18 h 30 PIERRE LEBLANC était assis à la terrasse d’un café, près de la mairie, bâtisse impressionnante et baroque inaugurée en 1887, avec ses deux tourelles dominant le porche d’entrée. Sur la route de Neufchâtel, une foule de voiture marquait la fin de la journée. Il s’offrit une bière et observa la circulation. En rentrant chez elle, elle ne pouvait que passer devant lui. Il espérait qu’elle le verrait, sinon, il irait frapper chez elle. Mais pas encore. Il devait d’abord se débarrasser de cette vision qui hantait son esprit depuis ce matin. C’était devenu obsessionnel. Comme chez tous les artistes, semble-t-il. Il ne s’était jamais posé la question. Cela avait toujours été ainsi. Depuis l’âge de huit ans, depuis qu’il avait su tenir des crayons, il avait


