6. Lancé à pleine vitesse, le train tanguait par à-coups puissants. Prune observait son reflet blême dans la vitre. Personne ne les avait vus mon-ter à bord. Les voitures filaient peut-être vers une autre urgence ? Au fond d’elle-même, elle n’y croyait pas. Sans doute à cause de l’effaceuse : les ogres n’abandonnaient jamais une proie. Et cette proie aggravait son cas en permanence. Sandro, assis en face d’elle, tapotait la tablette du bout des doigts. — Ok, un contrôleur va sûrement passer bientôt. Ophélie dort, autant dire qu’il aura vite fait de nous repérer. On a un plan B ? — Tu veux dire, un plan B pour le plan B ? Tenir jusqu’à la première gare, en espérant qu’Ophélie aura suffisamment récupéré pour retenter le coup du voile. — Tu crois que c’était pour nous le convoi policier


