VIII

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VIII C’était le plein mois d’août 1924, les moissons étaient faites, la batteuse était passée dans les villages. Les hommes avaient sué dur pour monter les sacs de grains dans les soupentes. Les femmes avaient préparé les repas gargantuesques pour tous, hommes, femmes enfant. Ils s’étaient attablés, avaient mangé, bu à satiété et même au-delà. Certains s’étaient endormis à même le sol ou dans le fossé. C’était une sorte de tradition : trimer comme des bêtes, puis quand tout était terminé, le grain dans les greniers, le fourrage dans les hangars, les hommes prenaient pour la plupart des cuites mémorables, après avoir dansé en rond au son d’une bombarde qui perçait les oreilles des plus sourds. Cette moisson, on s’en rappelait, chez les Bihanic. La batteuse, sorte de monstre de bois et de

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