XXV Violette était restée absente de sa conscience durant deux bonnes années et durant cette période, le temps avait ressemblé à la guimauve touillée sans cesse par ces machines à deux axes qui produisaient les sucettes des fêtes foraines : le temps était tout mou et s’étirait sans fin. Elle avait effectué un long voyage dans un monde parallèle peuplé de chimères, d’elfes cachés dans les bosquets de genêts éternellement fleuris d’où sortaient des taches de lumières de toutes sortes qui ressemblaient à des papillons ; elle avait battu la campagne sous un soleil figé à midi qui supprimait les ombres, elle avait marché sur l’eau des rivières serpentines aux couleurs de plomb, d’argent et de vif argent. Elle avait dansé en aube blanche de première communiante au sommet du menhir de Caillouan


