Épisode 09

1346 Mots
09 « Tu n’as pas à avoir si peur de moi… Je veux seulement t’aider », murmura – t-il, la sensation de sa main sur mon visage commença à apaiser ma peau sensible par des picotements chauffés et ma mâchoire serrée se relâcha. Je sentis son corps se pencher en avant et ma garde se releva immédiatement, faisant disparaître la sensation de chaleur dans ma poitrine, ma respiration s’accéléra jusqu’à ce qu’elle s’arrête brusquement lorsqu’une paire de lèvres lisses pressa doucement contre mon front. Je me suis assis là paralysé et choqué, le sentant s’attarder un instant avant de me pencher en arrière et de me caresser la pommette, « Je ne te ferai jamais de mal. Si je dois le dire tous les jours pour vous rassurer, je le ferai. » Sa main a quitté mon visage et j’ai ouvert les yeux avec hésitation, le voyant sortir de la pièce et fermer la porte tranquillement comme s’il avait peur de me déplaire. A-t-il empoisonné la nourriture ? Était-ce sa façon bizarre de me convaincre de manger plus pour que je meure ? Pourquoi gaspillerait – il sa nourriture pour moi ? Il n’en a rien mangé, ça avait l’air intact, alors il a dû y mettre quelque chose. Je fronçai les sourcils devant l’assiette de morceaux jaunes fumants, entendant mon estomac gronder agressivement à l’odeur après m’être taquiné avec deux bouchées. Ça a l’air appétissant mais je ne peux plus manger, il l’a lacé avec quelque chose. Ignorant ma faim, je me dirigeai vers la porte et quittai la pièce prudemment. Je ne vais pas attendre et découvrir ce qu’ils ont l’intention de me faire. Ils ont peut-être contacté Jade et me bloquent jusqu’à ce qu’elle arrive. Je ne vais pas rester et découvrir. Je fais plus confiance aux animaux qui se cachent dans les bois qu’aux humains qui errent dans les rues. Au moins les animaux ont un bon raisonnement, ils attaquent quand ils se sentent menacés ou par faim. Les humains le font pour la joie, ils le font juste pour le faire. Je ne suis pas censé être l’un d’entre eux, j’ai toujours senti au fond de moi que j’étais né pour être quelque chose de plus. Je ne pourrais jamais être aussi méchant. La sortie perdue depuis longtemps s’est finalement approchée de ma vue et l’espoir a jailli en moi pour la première fois depuis toujours. Mes pieds ont décollé comme une balle et j’ai fait claquer la porte bruyamment avec la force que j’ai appliquée pour l’ouvrir, ne prenant pas la peine de la fermer et m’envoyant complètement directement dans les arbres. Le ciel était assez sombre alors que les nuages d’orage arrivaient, les feuilles des arbres bruissaient violemment avec le vent et je tenais la chemise pour l’empêcher de remonter. Des frissons m’ont traversé mais je n’ai pas arrêté ma course, me perdant dans mon environnement. Tout se ressemblait. Tant que je suis loin de l’humanité… Ma course a ralenti lorsque je suis tombé sur un arbre géant tombé. J’ai jeté mes bras dessus avec empressement et j’ai faiblement projeté mon corps dessus, tombant sur mes pieds et me tordant à ma droite pour continuer. Mon corps s’est figé quand j’ai entendu un long hurlement bouger avec le vent. J’ai accéléré mon rythme, essayant de trouver un endroit où je pourrais être seul. C’est la seule façon pour que je me sente en sécurité. C’est alors que j’ai entendu des bruits sourds et que je me suis arrêté, décidant de me cacher entre deux arbres et un buisson alors que l’animal qui courait s’approchait. Peu de temps après, un énorme loup mâle blanc brillant trottait en vue. Il s’est soudainement arrêté à côté du buisson dans lequel je me trouvais et a incliné la tête sur le côté presque d’une manière confuse, faisant frissonner ma colonne vertébrale. Ses actions étaient étrangement humaines. Le vent soufflait autour de nous et il se dirigea vers ma cachette, ses yeux jaunes perçants scrutaient le bruissement des feuilles comme s’il savait que j’étais ici. L’animal n’avait cependant pas l’air vicieux, il me rappelait juste un chiot curieux incapable de faire du mal. Puis il s’est arrêté, s’asseyant à au moins cinq pieds en face du buisson alors que mon cœur frappait dans ma poitrine. J’ai avalé durement, convaincu qu’il m’attendait dehors pour pouvoir me déchirer en lambeaux. Ça y est, c’est mon destin. Je suppose que c’est mieux que de mourir des mains de ma mère… J’ai fermé les yeux pour qu’il ne pense pas que je le défiais et je suis lentement sorti de la brousse, rampant à découvert et m’abaissant dans la soumission. J’ai attendu de sentir ses dents se déchirer en moi mais je n’ai rien reçu—rien que le bruit de ses pattes qui me traquaient lentement. Mes mains voulaient céder et me laisser faire face à la plante dans l’herbe, sauf que je refusais de bouger un muscle. Soudain, quelque chose de chaud et d’humide a traversé ma joue et mon corps a commencé à trembler. J’ouvris les yeux, soulevant lentement ma ligne de mire juste assez pour voir l’animal remuer la queue. Il laissa échapper un gémissement bas et s’assit, reniflant son museau sur mon visage pour lever la tête. Un petit sourire s’est formé sur mes lèvres et j’ai détourné la tête, refusant de croiser ses yeux car la famille canine y voit une menace. Je ne veux pas me faire malmener par cette mignonne, ce serait donner raison à ma mère et c’est la dernière chose que je veux. Était-ce même un loup ? Ou juste un gros chien-loup perdu ? Cette créature n’est pas la bête de Jade implantée dans mon cerveau. J’ai tendu la main sans réfléchir, ressentant une étrange traction inexplicable sur l’animal, et j’ai appuyé ma main sur son cou, le faisant ronronner avant de me retourner et de me lécher l’avant-bras. L’animal me fit de nouveau face et gémit, me léchant aveuglément le visage avec sa langue et me donnant de petits coups de coude pour me faire lever les yeux. Le loup a continué à faire cela une minute de plus avant de baisser son museau et de renifler mon visage mouillé, l’air chaud l’a éventé et j’ai eu des frissons. Je lui ai gratté le cou avec de petits animaux de compagnie, gonflant la longue fourrure épaisse entre mes doigts. Étant donné que cet animal vit à l’état sauvage, il se sent extrêmement pris en charge. Mon sourire est tombé et je me suis mordu la lèvre pour arrêter le carquois. Ce loup est mieux pris en charge que moi et il vit ici, ce n’est tout simplement pas bien… J’aimerais être ce beau chien. Il m’a poussé doucement avec son museau, me reniflant de mes cheveux à mon cou où il s’est arrêté. L’animal m’a encore léché et mon sourire est revenu. Peut – être que ce mammifère restera avec moi ? On pourrait partir ensemble, il pourrait me protéger des autres créatures qui errent dans ces bois. J’ai toujours voulu un compagnon aimant… Le tonnerre a fait exploser le ciel un instant plus tard et j’ai sauté, levant instinctivement les yeux à travers les arbres alors que l’eau commençait à tomber des nuages sombres. Je fronçai les sourcils, me levai et recommençai ma route jusqu’à ce que l’animal apparaisse devant moi avec de nombreux gémissements. Ses mâchoires s’ouvrirent et se fermèrent alors que des bruits humoristiques sortaient de sa gorge. Je n’ai pas pu m’empêcher de m’arrêter à nouveau et mon froncement de sourcils s’est approfondi, il avait l’air d’essayer de parler. Il a remarqué qu'il avait mon attention et m'a encerclé, remuant doucement sa queue dans mon corps et trottant en arrière comme je venais de venir. Après quelques pas, il s’est arrêté et j’ai baissé les yeux avec embarras. Un autre gémissement résonna dans l’air et je m’approchai de lui avec hésitation, le loup saisit alors ma chemise avec ses canines effrayantes et me tira vers la droite. Cet animal est incroyablement intelligent…
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