II Le pied maladeIl voulait d’abord aller chez Mme Khokhlakov, et avait hâte d’en finir, pour ne pas arriver trop tard auprès de Mitia. Depuis trois semaines, Mme Khokhlakov était souffrante ; elle avait le pied enflé, et, bien qu’elle ne gardât pas le lit, elle passait les journées à moitié étendue sur une couchette, dans son boudoir, en déshabillé galant, d’ailleurs convenable. Aliocha avait observé une fois, en souriant innocemment, que Mme Khokhlakov devenait coquette, malgré sa maladie : elle arborait des nœuds, des rubans, des chemisettes. Durant les deux derniers mois, le jeune Perkhotine s’était mis à fréquenter chez elle. Aliocha n’était pas venu depuis quatre jours et, sitôt entré, il se rendit chez Lise, qui lui avait fait dire la veille de venir immédiatement la voir « pour un


