IV L’hymne et le secretIl était déjà tard (et les jours sont courts en novembre) quand Aliocha sonna à la porte de la prison. La nuit tombait. Mais il savait qu’on le laisserait entrer sans difficulté. Dans notre petite ville, il en va comme partout. Au début, sans doute, une fois l’instruction terminée, les entrevues de Mitia avec ses parents ou quelques autres personnes étaient entourées de certaines formalités nécessaires ; mais, par la suite, on fit exception pour certains visiteurs. Ce fut au point que, parfois, les entrevues avec le prisonnier avaient lieu presque en tête à tête. D’ailleurs, ces privilégiés étaient peu nombreux : Grouchegnka, Aliocha et Rakitine. L’ispravnik Mikhaïl Makarovitch était bien disposé pour la jeune femme. Le bonhomme regrettait d’avoir crié contre elle à


