Chapitre 13

1498 Mots
CHAPITRE 13 Les questions se bousculent tellement dans ma tête que je n’entends que des brides quand le chauffeur m'a parlé. C’est quand il se répète que je me rends compte que nous sommes arrivés. Je lui donne son argent avant de sortir. ******* Même assise dans mon appartement, je n’arrive pas à y croire, c’est comme des flashs de rêve. Souko ? Celle qui me conseillait hier de ne pas quitter Khalil, c’est elle avec ce vaurien ? Si seulement il n’y avait pas Manila. Je ferme les yeux en essayant d’oublier cette douleur dans ma poitrine. Elle est tellement forte que j’ai besoin de me cramponner dans l’oreiller pour en réduire l’intensité. Ai-je mal ? La question ne se pose pas, quelle déception, quelle cruauté ! Donc pendant tout ce temps, ils se moquaient bien de moi ? ******* Je ne sais pas le moment où je me suis endormie mais je fus réveillée par le bruit de la sonnette de l’appartement, je me relève en soupirant mais quand j’arrive devant la porte, je me stoppe net. Et si c’était l’un d’eux ? Je recule en secouant négativement la tête, puis le bruit de la sonnette est remplacé par celui des coups. J’allais tourner les talons quand j’entends la voix qui crie derrière. Moussa : Samina, Samina tu es là ? Je me précipite pour ouvrir la porte et dès que nos regards se croisent. Je me jette dans ses bras en reniflant. Moussa (m’enlaçant) : moi aussi tu m’as manqué ! Moi (pleurs) : sniff ! Moussa (me caressant le dos) : oh ne pleure pas s’il te plaît. Moi : pourquoi tu m’as abandonnée ? Moussa : jamais je ne ferai cela, viens entrons. Nous allons parler. Il prend sa valise de l’autre main et nous entrons dans l’appartement. Il s’assoit et me pose juste à ses côtés. Je ne peux empêcher à mes larmes de tarir. Moussa : eh c’est bon, ne pleure plus chérie. Au lieu de me réconforter, mes larmes redoublent d’ampleur. Il semble dépassé par les choses, parce quand il essuie ce qui tombe, une nouvelle vague arrive. Moussa : wohh, qu’est-ce que je peux faire pour que tu arrêtes de pleurer ? Je secoue négativement la tête tellement ma gorge est nouée. Quelques minutes plus tard j’arrive enfin à me calmer. Moussa : al hamdoulilah, je pensais que tu n’allais plus finir de pleurer. Moi (reniflant) : Désolée. Moussa : ce n’est rien t’inquiète. Moi : humm Il me regarde, étudie puis sourit d’un air niais. Moussa : même quand tu pleures tu es belle. J'esquisse un petit sourire en plissant les paupières. Moussa : c’est la vérité, tu es magnifique. Je lui lance une tape sur la main en tirant la bouche. Moussa : voilà ma Samina. Je ressens un pincement en l’entendant dire ça. Moussa : je m’excuse encore ma chérie mais je ne pouvais pas rester Moi : humm Moussa : mon fils faisait son dernier au revoir et je ne pouvais pas rester ici. Oui Moussa a eu un fils avec une femme de l’extérieur. Mais l’enfant était né avec une malformation au cœur. Les médecins ne lui donnaient pas longtemps à vivre. Lorsqu’il m’avait raconté j’avais pleuré toutes les larmes de mon corps, mais il m’avait rassuré que lui et la mère même s’ils avaient divorcé, prenaient les choses avec philosophie.  Moi : comment il va ? Il baisse la tête en secouant. Moussa : malheureusement il est parti. Moi : oh ! Je suis si touchée alors que je ne le connaissais que de photo. Il semblait si beau et si plein de vie. Sur toutes ces photos, il avait le sourire aux lèvres et semblait avoir la joie de vivre. Moi : toutes mes condoléances. Moussa : merci. Mais comment tu vas ? Tu ne sembles en forme et voilà que tu as les yeux tout rouges comme si tu avais passé ton temps à pleurer. Ne me dis pas que je t’ai aussi manqué ? Moi : ca va. Il baisse sa tête dans l’intention de poser ses lèvres sur les miennes mais je recule en détournant la tête. Moussa : il se passe quelque chose ? J’inspire fortement en affrontant son regard. Moi : oui Moussa : explique-moi Moi : d’abord pourquoi tu ne m’as pas contacté durant tout ce temps ? Il tique avant de se gratter la tête. Moussa : j’ai essayé mais ça ne passait jamais, j’avais cru même un instant que tu m’avais bloqué. Moi : pourquoi aurais-je fait une chose pareille ? Moussa : attends, regarde. Il sort son téléphone compose mon numéro mais ça sonne occupé chez lui et quand je vérifie chez moi il y’a rien. Moi : oh ! Moussa : je crois que le souci vient de toi. Moi : je ne sais pas alors comment s’est arrivé. Moussa : alors si tu me disais comment tu te sens, j’espère que ton oncle ne m’en veut pas ? Moi : oh non. Moussa : t’inquiète j’irai me présenter chez-lui dès demain. J’avale difficilement ma salive en sentant combien je suis nerveuse. Moi : non, ça ne sera pas le bon moment. Moussa : pourquoi. Je me décale doucement en cherchant de trouver les mots adéquats pour lui dire ce qu’il s’est passé. Moi : promets-moi d’abord que tu ne mettras pas en colère. Moussa : pourquoi le serais-je ? J’inspire avant de lâcher la bombe. Moi : je suis mariée. Un silence lourd de conséquences me répond avant que  je n’entendes s’élever dans l’air un rire nerveux. Moussa : tu te payes ma tête là ? C’est quoi cette blague nulle, je te connaissais plus inventive. Moi (le visage sérieux) : ceux ne sont pas des blagues, je suis réellement une femme mariée. Moussa : oh comment vous avez fait ? N’est-ce pas un tuteur devait être là pour moi afin que le mariage soit valide ? Je ferme les yeux en secouant vigoureusement la tête.  Moi : non tu ne comprends pas, je me suis unie avec un autre. Moussa : hein ? Moi : ce… c’était une bêtise. Moussa : tu es sérieuse ? Je le fixe et espère qu’à travers mes yeux, il peut lire la vérité. Il se relève d’un coup comme si le ciel lui tombait sur la tête. Moussa : tu es réellement mariée ? Moi : oui. Moussa : d’accord, donc il aurait fallu que je sois juste loin pour quelques semaines que tu rencontres un homme et même que le mariage soit scellé. Ou bien tu me trompais ? Moi : pas du tout. Moussa (haussant le ton) : alors explique-moi bon sang pour que je puisse comprendre ! Moi : je me suis juste mariée avec l’intention de me venger, mais je le regrette. Moussa : te venger ? De quoi, de qui ? Il se tait avant que je ne le vois froncer les sourcils. Moussa : rassure moi que ce n’est pas ce que je pense. Je n’ouvre pas la bouche pour lui répondre parce que je sais déjà qu’il a trouvé juste. Moussa : JE TE PARLE p****n, C’EST AVEC LUI ? Encore une fois je ne dis rien. Moussa : p****n, je le savais, je le savais ! Moi : ce n’est pas ce que tu crois. Il arpente l’espace tel  un loup enfermé dans une case, il marmonne des choses avant de rire nerveusement. Moussa : parce que tu sais maintenant ce que je pense. Je me lève et vient m’arrêter juste devant lui Moi : je vais divorcer, je l’avais décidé avant de savoir ce qu’il s’était passé avec toi. Et je n’ai pas reçu ton mail, je ne sais pas comment ça se fait mais rien, nada. Moussa : tu crois que ça excuse ce que tu as fait ? Moi : rien ne le justifie, mais si tu m’écoutes, tu pourras me comprendre. Je le regrette, je te jure que je le regrette. Moussa : je devais savoir que ça aller se finir ainsi, c’était inévitable. Je devais le savoir dès la première fois que je vous ai vu dans la même pièce. Moi : dis pas ça stp. Moussa : vous êtes des aimants tôt ou tard vous alliez vous retrouver.  Moi : non, non… c’est faux, il n’y a plus rien entre nous. Moussa : ne te mens pas à toi-même Samina. Ça à toujours été Samina et Khalil. Moi : non, pour te le prouver, il ne s’est rien passé entre nous. Je te le jure sur mon enfant. Moussa : je crois que j’ai besoin de souffler. Moi (essayant de l’attraper) : ne pars pas. Moussa : je ne peux plus rester ici. Moi : ne m’abandonne pas stp ! Moussa : ne rends pas les choses plus difficiles qu'elles ne le sont déjà. Au même moment où il ouvre la porte, on voit Khalil qui se tenait derrière celle-ci.
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